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Retrouvez le système immunitaire de vos vingt ans

Avec le printemps, la fin des masques et des gestes barrière, la vie reprend – et avec elle la transmission des virus et maladies.

Nos défenses naturelles s’affaiblissent avec l’âge, exactement comme nos muscles, notre cerveau, ou encore notre estomac et nos poumons.

Nos cellules immunitaires deviennent moins efficaces pour combattre les invasions.

Elles réagissent moins vite, moins bien. Elles peuvent même causer des dégâts dans notre corps, ce qui explique pourquoi les personnes de plus de 70 ans sont plus vulnérables aux virus – ainsi que le Covid l’a cruellement rappelé.

Mais, alors que le déclin se produit pour tout le monde, il peut être accéléré ou ralenti.

L’obésité, le stress, le tabac, la sédentarité font vieillir notre système immunitaire. Mais il est aussi possible de faire des changements pour remonter dans le temps, et inverser le cours de notre horloge biologique.

En d’autres termes, un adulte de 35 ans peut avoir le système immunitaire d’un retraité de 65 ans, et vice-versa.

De plus, votre système immunitaire ne vous permet pas seulement de réduire votre risque de faire un Covid compliqué : il vous aide à vous débarrasser d’éventuelles cellules cancéreuses, bactéries, champignons et autres attaques.

Ce sont des années ou des décennies supplémentaires de vie en bonne santé que vous pouvez obtenir ainsi.

Alors voici comment procéder :

L’exercice physique régulier peut vous donner l’immunité d’un jeune de 25 ans

Une étude publiée en 2018 par le King’s College de Londres a suivi 125 cyclistes, certains âgés de plus de 80 ans, et a constaté qu’ils avaient le système immunitaire de jeunes de 25 ans.

Normalement, le système immunitaire décline de 2 à 3 % par an à partir de 20 ans. Mais ce phénomène est ralenti par le sport.

Le simple fait de faire un peu de marche à pied après le repas de midi fait déjà une différence. Les muscles des jambes et de l’abdomen provoquent un effet de massage drainant. Ce massage active le système lymphatique qui transporte les globules blancs et les aide à maturer dans les ganglions.

Des recherches publiées dans le British Medical Journal ont conclu que les personnes qui marchent au moins 20 minutes par jour ont 43 % d’arrêts-maladie en moins dûs au rhume.

De plus, nos muscles sont des réserves de protéines qui peuvent se transformer en globules blancs en cas de maladie. C’est la raison pour laquelle les maladies infectieuses font maigrir. En augmentant la masse musculaire, le sport nous permet de mieux lutter contre ces maladies.

Mangez plus de protéines

Les problèmes digestifs, liés à une alimentation trop riche en sucres, accélèrent le déclin immunitaire.

A l’inverse, une bonne alimentation, avec un bon microbiome (flore intestinale), peut ralentir le vieillissement.

Vous améliorerez votre flore intestinale en mangeant la plus grande variété possible de légumes et de fruits, qui doivent représenter l’essentiel de votre alimentation.

L’essentiel ne doit donc pas venir des féculents, comme le recommande les Autorités de Santé

Complétez votre régime riche en fruits et légumes par des protéines, qui aident à fabriquer des anticorps. Vous trouvez des protéines dans les graines de chanvre, le soja (tofou), les lentilles, les noix, les graines de courge, le poisson, la viande, les œufs, le fromage.

Avec l’âge, les gens ont tendance à moins manger de protéines, alors que c’est l’inverse qu’il faudrait faire.

Une étude de 2018 a montré que la majorité des personnes âgées mange moins de 1,2 g par jour de protéines par kilo de masse corporelle, ce qui affecte négativement leur musculature et leur système immunitaire, contribuant à les affaiblir face aux maladies. [1]

Il ne faut toutefois pas oublier les huiles polyinsaturées de haute qualité : lin, cameline, chanvre, olive, noix et bien sûr les huiles de poisson et poissons gras (saumon sauvage, sardines, maquereaux, harengs, anchois). Les graisses, en incluant une petite proportion de graisses saturées, doivent représenter 27 à 30 % des apports caloriques journaliers.

Douches froides pour stopper les maladies

S’exposer au froid stresse le système immunitaire, ce qui provoque un effet stimulant et anti-âge.

Certaines personnes pratiquent les bains très froids dans les rivières ou lac gelés de montagne. Mais une étude publiée dans la revue scientifique PLoS One a trouvé que les personnes qui prennent des douches froides ont 29 % de congés-maladie de moins que la moyenne.

Les scientifiques ont demandé aux 3018 personnes qui prenaient habituellement des douches chaudes, de terminer par 30 à 90 secondes de douche froide. En observant leur système immunitaire, ils ont constaté que cela suffisait à faire la différence.

Sortez, exposez-vous au soleil, et prenez de la vitamine D

La vitamine D joue un rôle bien connu pour l’immunité.

C’est actuellement un des seuls compléments alimentaires qui ne soient plus contestés par personne dans les professions médicales.

Les personnes qui manquent de vitamine D ont un risque beaucoup plus élevé d’infections respiratoires, ce qui s’est remarqué dans les formes graves du Covid. Dans une étude portant sur 50 personnes en insuffisance respiratoire qui ont reçu une haute dose de vitamine D, seule une personne a dû passer en soins intensifs, contre la moitié dans le groupe témoin, qui n’avait rien reçu. [2]

Il est particulièrement important de s’exposer aux heures de la journée où le soleil tape le plus fort, en veillant bien sûr à éviter les coups de soleil, mais en exposant la plus grande partie possible du corps à la lumière directe. A côté de cela, il est nécessaire pour la plupart d’entre nous, qui ne vivons pas toute la journée au grand air, de prendre 1500 UI à 2000 UI par jour de vitamine D.

Dormez, éviter les situations qui vous créent du ressentiment, et voyez vos amis

Lorsque vous dormez, votre système immunitaire libère des protéines appelées cytokine, qui luttent contre l’inflammation, les infections, et les dommages liés au stress.

Le manque de sommeil diminue la production de cytokines, ainsi que des anticorps en général.

Il est aussi important d’éviter les situations de conflits qui vous créent du ressentiment. En effet, les personnes qui broient du noir ou éprouvent de la colère de façon chronique favorisent un état inflammatoire général, et leur système immunitaire constamment sollicité va vieillir plus vite.

La fréquentation régulière d’amis, enfin, aide à renforcer le système immunitaire. Le fait de se sentir seul, isolé, abandonné, provoque un état dépressif qui rend plus sensible aux maladies. Les personnes bien entourées, qui ont de fréquents moments de bonheur et de chaleur, tombent moins souvent malades et guérissent plus vite.

Vieillir, c’est donc bel et bien dans la tête, pour une partie importante. On peut rester jeune, et réagir comme une jeune, y compris face aux virus.

A votre santé !

Jean-Marc Dupuis

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Guerre et épidémies

 

Chère lectrice, cher lecteur,

Dans l’histoire des Hommes, guerres et épidémies vont ensemble.

Elles se produisent aux mêmes endroits, au même moment, mais ce sont les épidémies qui font le plus de morts :

  • La Guerre de Cent Ans a tué surtout des chevaliers qui combattaient en petits nombres sur les champs de bataille (quelques milliers) mais la grande peste noire qui a eu lieu pendant la Guerre de Cent Ans, entre 1349 et 1355, a fait, elle, 34 millions de victimes !!!
  • Les Conquistadors ont sûrement tué des centaines de milliers d’Amérindiens lors de la conquête de l’Amérique ; mais le virus de la variole, qu’ils avaient malencontreusement apporté avec eux, en a tués 100 millions ;
  • la Première Guerre mondiale a fait 9 millions de morts sur les champs de bataille ; mais la grippe espagnole qui a suivi a fait 30 à 50 millions de morts ;
  • La guerre en Ukraine a fait au moins 636 morts civils selon le dernier décompte de l’ONU [1] et plusieurs milliers de militaires, mais selon une étude du Lancet, le Covid aurait fait 18 millions de morts. [2]

Ces morts, par dizaines de millions, modifient la face du monde.

 

Le monde d’avant, et le monde d’après

Le monde d’après n’a plus rien à voir avec le monde d’avant.

Les gens ne pensent plus de la même façon :

  • Ils ne parlent plus des mêmes sujets. Ils n’ont plus les mêmes désirs ni les mêmes joies.
  • Ils n’ont plus les mêmes peurs ni les mêmes peines.

Ils ont changé d’opinion, de comportement, d’objectifs, à tel point qu’ils doivent faire les plus grands efforts de mémoire, et d’imagination, pour essayer de se représenter comment les gens étaient, avant.

Eh bien, si vous réfléchissez un tout petit peu, vous vous apercevez que c’est exactement ce qui nous arrive.

 

Les choses qui nous paraissaient normales en 2020

Des choses qui nous paraissaient parfaitement normales en 2020 nous semblent insensées aujourd’hui. Et des choses que nous jugions inimaginables nous paraissent désormais banales.

Ces changements ont concerné la quasi-totalité des pays (en dehors de l’Afrique subsaharienne), qu’ils soient démocratiques ou autoritaires, occidentaux ou orientaux, riches ou pauvres.

Ainsi par exemple, le fait de se promener dans la rue le visage masqué, de refuser de serrer la main à un ami, d’annuler des engagements, rendez-vous, événements, fermer des entreprises entières à tout instant, pour cause de suspicion d’une maladie.

Le fait de s’enregistrer à tout propos dans des systèmes informatiques de traçage pour les activités inoffensives, comme les restaurants, les trains, les lieux de culte, les musées.

La suppression de libertés publiques en une simple annonce télévisée, pour des semaines ou des mois, sans vote, sans consultation ni aucune voie de recours pour les personnes concernées.

 

Interdictions et nouvelles obligations

Les interdictions ont pu être aussi étendues que :

  • celles se déplacer, d’acheter ou de vendre ;
  • celle de se réunir en famille, et même dernière visite à un parent au seuil de la mort, les baptêmes, mariages et enterrements ;

On a vu s’instaurer, à une vitesse déconcertante, des contraintes sociales non seulement inimaginables peu auparavant, mais illégales, comme :

  • l’obligation sous peine de graves discriminations, exclusions, et de licenciement dans de nombreuses professions, de se vacciner, y compris pour les personnes déjà immunisées naturellement ;
  • l’autorisation pour les systèmes de santé d’administrer à grande échelle des produits non-homologués, ne remplissant pas les conditions légales de mise sur le marché (les vaccins au stade expérimental)
  • la restauration du délit d’opinion et des sanctions pour “complotisme”, un terme fourre-tout qui a permis l’exclusion des réseaux sociaux de personnes ayant partagé des informations vraies ou plausibles, comme la thèse du Covid échappé du laboratoire de Wuhan, la transmission du virus par les personnes vaccinées, l’inutilité des masques en extérieur, ou qui s’inquiétaient que les autorités n’en viennent à instaurer un jour, un “passeport vaccinal”.

Des atteintes sans précédent ont eu lieu contre le droit de propriété, plusieurs gouvernements, démocratiques ou autoritaires ayant procédé au gel des comptes bancaires des personnes contestant pacifiquement les mesures (camionneurs au Canada, non-vaccinés en Australie).

 

Extension des luttes

Il était logique, une fois les lignes franchies, que le monde puisse basculer une guerre où les mêmes techniques allaient être utilisées contre l’ennemi extérieur.

La guerre est menée par nos pays, non à la façon traditionnelle, mais par la contrainte économique et sociale sur les populations civiles du camp adverse, via les systèmes informatiques connectés.

Cela va des coupures Internet à l’exclusion des réseaux sociaux (Facebook, Twitter et Instagram sont coupés en Russie) au blocage des paiements via les systèmes Swift, Visa, Mastercard, GooglePay, AppelPay, Paypal, et donc l’impossibilité de vendre ou d’acheter pour les individus comme pour les entreprises. Il a même été question de désactiver à distance les voitures électriques Tesla sur le territoire russe.

Ces mesures ne font aucun scandale dans les pays occidentaux. Organiser l’effondrement de l’économie russe, priver des dizaines de millions de familles de leurs ressources en plein hiver, semble considéré comme relativement bénin. Provoquer une violente aggravation de la crise économique chez nous, dont souffriront en premier les plus pauvres à cause de la hausse des prix, n’est pas un problème qui mérite qu’on s’y arrête.

Tout ceci alors que nos dirigeants qui prennent ces mesures savent parfaitement qu’elles n’ont pas la moindre chance de dissuader Poutine de continuer à envahir l’Ukraine !

 

L’espoir pour en sortir

La seule solution pour sortir de tout cela est de s’arrêter et de réfléchir.

Stopper le terrible emballement où nous sommes entrés et où le camp majoritaire a pris l’habitude de réduire les critiques au silence par l’insulte et la caricature.

Interdire le débat conduit forcément à ce que les réflexions perdent en qualité et donc à ce que de mauvaises décisions soient prises. C’est ce que nous vivons actuellement, avec les plus graves conséquences à la clé puisque, rappelons-le, un emballement de ce conflit en Ukraine pourrait aboutir à l’ultime catastrophe nucléaire.

Nous savons tous que nous avons besoin du regard et de l’oreille des autres pour prendre de bonnes décisions dans nos vies. C’est le cas aussi quand c’est le sort collectif de l’humanité qui est en jeu.

Sur les sujets compliqués, il faut la collaboration de nombreux cerveaux pour trouver la solution. Chacun parle à son tour, écoute les réponses, répond aux objections. L’important est d’être de bonne foi, et de s’obliger à être rigoureux dans la recherche de la vérité, sachant que cela implique forcément de reconnaître que nous avons eu tort sur certains points, car nos pensées ne sont jamais parfaites.

C’est ainsi que, peu à peu, on arrive à un consensus où, chacun ayant tenu compte du point de vue des autres, se dessine une solution supérieure à ce que toute personne isolée aurait pu imaginer.

C’est ce qu’on appelle l’intelligence collective. C’est ce qui explique que les démocraties réussissent mieux que les dictatures, apportant plus de paix et de prospérité.

Mais si les populations dans les démocraties perdent cette exigence et la capacité de dialoguer en vérité, le résultat est le même que dans les dictatures : injustices, pauvreté, guerres et épidémies, pour tout le monde.

C’est le prix.

A votre santé !

Jean-Marc Dupuis

 

 

Sources:

[1] https://ift.tt/oVSg4qK

[2] https://ift.tt/BHNtljO

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Hypertension : vérifiez que votre médecin ne se trompe pas

 

Toute la France se souvient d’avoir ri au début du film Amélie Poulain.

Je parle de cette scène qui raconte comment cette petite fille grandit isolée des autres enfants parce que son père médecin lui diagnostique à tort une maladie cardiaque.

En fait, son père ne la touchait jamais en dehors des examens médicaux, d’où l’emballement de son pouls lorsqu’il l’ausculte.

La peur de la blouse blanche

Ce qui est une bonne blague au cinéma fait beaucoup moins rire dans la vraie vie.

Ce problème existe en effet pour des millions de personnes faussement diagnostiquées comme souffrant d’hypertension.

C’est ce qu’on appelle en médecine la “peur de la blouse blanche”.

Les personnes qui viennent se faire mesurer leur tension artérielle peuvent être angoissées par l’environnement hospitalier, impressionnées par les médecins, inquiètes aussi de se faire diagnostiquer une maladie.

Tout ceci fait que leur pression artérielle monte à cause du stress. Au moment de l’examen, la tension mesurée peut-être fausse, surtout que les instruments sont imprécis (voir plus loin). On estime que 20 % des personnes considérées comme hypertendues étaient en réalité en parfaite santé au moment du diagnostic.

Le problème des erreurs de diagnostic

Elles sont considérées à tort comme souffrant d’hypertension à cause d’un problème de mesure, ou à cause de leur état nerveux au moment de l’examen. Mais les conséquences pour elles peuvent être graves :

  • Non seulement ces personnes se font imposer de très frustrants régimes alimentaires sans sel et souvent sans graisse, ce qui est une grave erreur nutritionnelle,
  • non seulement on leur donne des médicaments qui coûtent cher et causent des effets secondaires. Les médicaments font baisser votre tension artérielle à un niveau trop faible, qui provoque fatigue, nausées, tourni, et risque de chutes.
  • mais en plus, et surtout, ces personnes vivent avec une épée de Damoclès imaginaire au-dessus de leur tête qui les stresse et contribue sur le long terme à les faire tomber vraiment malades.

Selon une étude canadienne, environ 20 % des personnes qui suivent un traitement pour l’hypertension n’ont absolument aucun problème de pression artérielle. [1]

Pour éviter ce problème, la seule solution est de renoncer aux appareils manuels ou électroniques classiques.

La seule solution fiable pour mesurer la tension artérielle

La seule solution réellement fiable pour mesurer la tension artérielle est d’utiliser un moniteur ambulatoire de la pression artérielle (MAPA).

C’est un appareil électronique qui se porte au bras pendant 24 heures.

Cet appareil enregistre toutes les variations de pression, le jour comme la nuit, et vous indiquera si vous souffrez vraiment d’hypertension, à condition bien sûr qu’il ne vous arrive pas trop d’émotions fortes le jour où vous le portez.

Le MAPA devrait être utilisé régulièrement par toutes les personnes prenant des médicaments contre l’hypertension car il est fréquent que ces médicaments fassent trop baisser la tension, avec les effets mentionnés ci-dessus (fatigue, nausées, tourni, et risque de chutes),

Dans une étude publiée le mois dernier, les chercheurs ont constaté que sur 1500 patients de plus de 65 ans prenant des anti-hypertenseurs, un sur deux souffrait d’une pression artérielle trop basse “potentiellement dangereuse” avec “une plus haute incidence des vertiges en position debout, de pertes d’équilibre et une détérioration des capacités cognitives” !!! [2]

Ceci est alarmant, et je vous invite à en parler à votre médecin si vous pensez être concerné. Le MAPA est en effet un bon moyen d’éviter les médicaments et les accidents inutiles.

Jean-Marc Dupuis

 

Sources:

[1] https://ift.tt/kX5MyRc

[2] https://ift.tt/3kbZpdT

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Les étonnants bienfaits d’un filet d’huile de lin sur votre salade

La civilisation gréco-romaine s’est bâtie sur l’olivier, autour de la Méditerranée.

Mais comment faisaient les autres, les Germains, les Gaulois, les Bretons, les Goths des terres du nord, brumeuses, humides et froides ?

Ils cultivaient le chanvre et le lin, qui leur servaient pour tisser, fabriquer de la corde, mais dont ils extrayaient aussi… de précieuses huiles.

Les graines de lin, en effet, paraissent petites, sèches, insipides et presque vides.

Pourtant, en grande quantité, elles peuvent être pressées, et produire une huile aux vertus extraordinaires. L’huile de lin a, en effet, la particularité unique de contenir 76 % d’acides gras polyinsaturés et 56 % d’un acide gras très particulier, l’acide gras alpha-linolénique, un oméga-3.

Les membranes de toutes vos cellules sont composées d’acide gras

Les graisses sont vues comme des ennemis qui ne sont là que pour nous embêter, former des bourrelets dans les cuisses, les fesses, le cou, nous donner de grosses jambes, de grosses joues, et finalement une silhouette de “pomme”, voire de “patate”, peu sexy.

C’est oublier que, bien avant de nous servir pour le stockage d’énergie (une fonction qui était indispensable autrefois, lorsque les hommes traversaient régulièrement des périodes de disette, mais qui en cette époque d’abondance alimentaire, n’a en effet plus d’utilité), les graisses entrent dans la constitution de notre corps, au niveau moléculaire.

Nous ne sommes pas seulement faits de protéines et d’eau, mais aussi et surtout de graisses qui entrent dans la composition de la paroi de nos cellules, de notre peau, de nos organes, des gaines de myélines autour de nos nerfs, de notre cerveau, notre moëlle épinière, notre rétine.

Mais toutes les graisses ne sont pas les mêmes. Il faut distinguer en particulier les acides gras saturés qui sont rigides, et les polyinsaturés qui sont souples, et qui donnent une plus grande fluidité à nos membranes cellulaires. Or, cette fluidité est essentielle pour permettre les échanges de nutriments, d’oxygène, et la fabrication d’énergie cellulaire.

Les graisses entrent par ailleurs dans la fabrication des cellules immunitaires, des hormones, et le transport des vitamines liposolubles (vitamines A, D. E et K). En tout, lorsque vous retirez l’eau du corps humain, et qu’il ne reste que vos os et vos organes desséchés, 20 % de ce qui reste est de la graisse, même si vous étiez au départ, maigre comme un clou.

Un déficit chronique d’oméga-3 dans l’alimentation moderne

Nos précieuses graisses polyinsaturées se présentent sous des formes nombreuses, dont certaines peuvent être fabriquées par notre organisme, et d’autres non. Celles que nous ne pouvons pas fabriquer sont les oméga-3 et 6, appelés, pour cette raison, acides gras essentiels.

Les uns comme les autres sont importants, il nous faut absolument les consommer tous les deux.

Historiquement, le régime alimentaire naturel des êtres humains leur apportaient ces acides gras dans des proportions bénéfiques à leur santé. Ce ratio oméga 6/oméga 3 doit être compris entre 1/1 et 4/1. Une alimentation que l’on considère comme équilibrée doit donc apporter au maximum cinq molécules d’oméga-6 pour une seule molécule d’oméga-3.

Le fait est cependant qu’actuellement, ce ratio est rarement atteint par la population qui consomme plutôt 20 molécules d’oméga-6 pour une d’oméga-3. En effet, les oméga-6 sont très courants dans les huiles de maïs, de tournesol, de soja et de pépin de raisin qui forment l’essentiel de la consommation, car ce sont les moins chères à produire.

Pour rétablir l’équilibre, il faut faire un effort conscient : penser. et s’organiser, pour apporter les oméga-3 nécessaires. Et la meilleure façon de le faire est d’avoir sous la main une petite bouteille d’huile de lin, car c’est l’huile végétale la plus riche qu’on connaisse en oméga-3.

L’huile de lin bannie pendant un siècle, et réhabilitée en 2009

L’huile de lin, donc, a longtemps été le principal fournisseur d’oméga-3 dans les populations du nord de l’Europe.

Mais à la fin du 19e siècle fut inventé le procédé industriel d’extraction à chaud, avec des solvants, pour augmenter le rendement, il est vrai très faible, obtenu grâce au pressage à froid traditionnel des graines de lin.

L’extraction à chaud avait cependant l’inconvénient de produire une huile instable, devenant facilement toxique. Avec la multiplication des intoxications, l’huile de lin fut interdite à la consommation humaine en France en 1908.

Elle est restée interdite à la consommation jusqu’en 2009.

Durant toute cette période, elle n’a été utilisée en France que pour les vernis, peintures et entretien des terres cuites, précisément parce que sa très forte propension à s’oxyder la rend intéressante pour ces usages. L’huile de lin est en effet “dessicative”, c’est-à-dire qu’elle fait dessécher et durcir les matériaux humides.

Lorsque la peinture à l’huile sèche et durcit, il s’agit du résultat d’une oxydation de ses acides gras polyinsaturés au contact de l’oxygène de l’air.

Précautions d’usage

La réintroduction de l’huile de lin a été accompagnée de certaines précautions indispensables.

Elle ne peut être vendue pour l’alimentation dans des flacons de plus de 250 mL, et ne peut être consommée plus de neuf mois après sa fabrication.

En aucun cas l’huile de lin ne doit être cuite, car elle devient toxique dès 150 °C.

Elle doit toujours être utilisée crue, sur une salade ou des crudités, ou sur vos légumes, pâtes, riz, poisson après cuisson.

Elle doit être conservée au frigo, dans un récipient opaque, fermé hermétiquement, et être consommée rapidement après l’ouverture. Dès qu’elle dégage une forte odeur, ou qu’elle change de couleur, il faut la jeter car elle est devenue toxique.

Des précautions qui en valent la peine

Ces précautions sont lourdes, j’en ai conscience, mais elles en valent la peine car les vertus de l’huile de lin pour la santé sont vraiment très nombreuses.

Vous avez compris en effet que l’on est en train de parler, non du traitement d’une maladie spécifique, mais de la composition même de votre corps au niveau cellulaire et même moléculaire.

En consommant le bon ratio d’oméga-3, votre corps se modifie dans ses structures les plus profondes. Vos cellules fonctionnent mieux, ainsi que votre système immunitaire, votre système nerveux, vos vaisseaux sanguins, vos muscles, vos yeux. Cela ne se produit pas immédiatement. Le changement est imperceptible et s’entretient sur le très long terme (des années, des décennies…) par le maintien de vos bons choix alimentaires.

Mais au bout du compte, vos efforts seront récompensés car vous réduirez le risque d’apparition des maladies nerveuses, cardiovasculaires et inflammatoires, et des carences vitaminiques.

Très riche en acide gras, l’huile de lin est utilisée en dermatologie contre les sécheresses et irritations de la peau, telles que le psoriasis et l’eczéma. Elle a un effet hydratant et nourrissant et renforce la barrière cutanée.

L’huile de lin est laxative et doit être évitée par les personnes souffrant d’occlusion intestinale. Par précaution, on la déconseille aux enfants et aux femmes enceintes, mais à ma connaissance aucun accident lié à l’huile de lin n’a été signalé depuis des décennies en Europe, donc il faut se garder de toute paranoïa.

A votre santé,

Jean-Marc Dupuis

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Vivre et travailler quand tout s’écroule

Êtes-vous frappé de la coïncidence entre la fin de l’épidémie de Covid, et le début de la guerre en Ukraine ?

Moi, oui.

Je croyais pouvoir enfin retrouver ma tranquillité et ma concentration sur mes grands projets de vie. Et patatras : me voici de nouveau happé par l’actualité brûlante, les titres de presse qui changent d’heure en heure.

C’est pourquoi mon œil a été attiré par un titre du “Courrier International” : “Comment vivre et travailler quand tout semble s’écrouler ?” [1].

Cela me paraissait un sujet important, qui concernait certainement beaucoup de monde. Malheureusement, les réponses données par la journaliste ne m’ont pas paru à la hauteur :

Les conseils des psychologues sont généralement les mêmes de part et d’autre de l’Atlantique : accepter son stress, chercher de l’aide auprès d’un professionnel, se faire du bien avec des moments réconfortants, s’entourer d’amis, tenir un journal, déconnecter de l’information en continu, être dans l’action en aidant les réfugiés, par exemple.

Cette réponse ne mange pas de pain. Mais elle est à côté de la plaque.

Face à une possible guerre nucléaire, ou même à une “simple” invasion des chars russes, ce n’est bien sûr pas le moment de chercher à se faire du bien, d’accepter son stress, ou de tenter de se déconnecter de l’information.

Il est plus important que jamais, au contraire, de rester en hypervigilance.

Quand tout risque de péter, ce n’est pas le moment de déconnecter. Vous n’avez pas envie d’être parmi les derniers à être informé qu’il faut se précipiter à la pompe pour chercher de l’essence, ou au supermarché pour faire des stocks de nourriture, ou à la pharmacie pour acheter des comprimés d’iode (qui permettent d’éviter que votre thyroïde se gorge de radioactivité en cas d’accident nucléaire).

Bien sûr, c’est fatiguant. Mais l’être humain est une machine à survivre.

Nous sommes programmés pour gérer les situations de crise. Rien ne nous déprime plus que la sensation qu’il ne se passe rien. L’ennui est le pire poison pour notre âme. D’ailleurs, notre tendance naturelle à nous inquiéter de l’avenir est un mécanisme biologique indispensable, sans lequel notre espèce aurait disparu depuis longtemps.

La liste du Courrier International contient toutefois un excellent conseil : le dernier : “être dans l’action en aidant les réfugiés”.

Quand grondent les canons, ce n’est plus le moment de faire de la sophrologie. C’est le moment d’agir. On arrête de se regarder le nombril, on se retrousse les manches et on se prépare.

Le stress nous sert de moteur pour, enfin, bouger, prendre les décisions qui s’imposent, réduire le risque d’être emporté par la vague. C’est la raison pour laquelle nous adorons les histoires, et les films, où le héros fait face à des menaces imminentes, avec un compte à rebours. Il court, saute, escalade, prend les commandes d’un bolide, d’un avion, d’un hélicoptère, pour “sauver la situation”, au dernier moment.

Il n’a juste pas le temps de faire un burn-out, et c’est ça qui est bon.

Car en effet, il est certain que la pire des choses quand le monde s’écroule est d’assister passivement au drame, ne rien faire ni pour soi-même ni pour les autres.

C’est là que vous fabriquez le plus de liquides toxiques dans vos veines et dans votre estomac. C’est là que vous vous sentez le plus accablé, déprimé, cynique, honteux, misérable.

Face aux plus grands drames, la solution est toujours de réunir toutes nos forces physiques, psychiques et morales, pour tenir et résister.

Prendre sur nos épaules le maximum de responsabilité. S’activer nuit et jour. Déplacer des montagnes.

Je vous ai déjà souvent parlé du mythe d’Atlas, ce titan qui porte le monde sur ses épaules.

C’est un rappel d’une vérité biologique fondamentale, qui est que notre organisme se renforce quand il est mis à l’épreuve, et qu’il déploient tout son potentiel et sa puissance lorsque l’épreuve est maximale. Nos muscles, nos os, nos articulations, notre cerveau, ne s’usent que quand on ne s’en sert pas.Atlas est une représentation de l’homme idéal. Il semble ployer sous le poids écrasant, il a déjà un genou à terre, mais par un acte ultime de volonté et de soumission à l’ordre naturel, symbolisé par sa nuque courbée, il parvient à bander ses muscles au maximum et à tenir le coup.

C’est pourquoi Atlas est si musclé. Et il n’est pas le seul à profiter de l’effort surhumain qu’il fournit. Grâce à lui, le monde entier tient en place, droit, dans le bon sens. Il n’est pas précipité dans l’abîme, le chaos, le néant.

C’est une invitation, dans nos vies, à prendre nous aussi sur nos épaules les plus lourdes responsabilités possibles.

Je ne sais pas si vous avez été frappé, comme moi, par ces photos qui circulent actuellement sur les jeunes qui partent en Ukraine soutenir les populations, et aider les combattants. Tandis que, dans nos rues, on voit tant de personnes qui dépriment, traînent leur vie et leur misère, ces jeunes qui vont peut-être sacrifier leur vie sont rayonnants. En voici quelques exemples pris au hasard :

Voici Wali, un sniper (tireur d’élite) canadien, marié et père d’un enfant de douze mois, qui a annoncé hier être parti pour l’Ukraine :

Wali, un des meilleurs snipers du monde, a répondu à l’appel de Volodymyr Zelensky, et rejoint l’Ukraine.
Voici Leon Dawson, un jeune anglais sans expérience militaire, parti lui aussi soutenir les Ukrainiens :

Voici Tim Maxymenko, un jeune Ukrainien vivant à Londres, qui a déclaré qu’il n’avait pas d’autre choix que de retourner en Ukraine défendre son pays et ses amis :

Voici John Stirling, un soldat écossais expérimenté, qui lui aussi a décidé de partir :

Voici Ohla, une jeune femme de 23 ans, prise en photo à Paris, aujourd’hui retournée à Kiev pour aider les volontaires qui sont venus combattre :

Je ne savais pas quoi faire pour me rendre utile. J’ai décidé d’aider les gens qui veulent venir ici pour combattre”, a-t-elle déclaré.

Aucun de ces jeunes ne semble avoir besoin de Prozac, ni songer à s’écouter et se couper du monde pour “prendre soin de lui-même”.

Leur joie provient du fait au contraire que tout leur être, leurs pensées, leur regard, sont tournés vers l’extérieur, vers une cause qui les dépasse et qui est plus importante que leur propre vie.

Dans les camps de réfugiés, ce sont les personnes engagées qui aident les autres qui éprouvent de la joie, née du sentiment d’être utiles :

Camp de réfugiés ukrainiens en Crimée.

De même, nos journalistes qui couvrent les zones de conflit nous parlent-ils toujours sur ce ton haletant si particulier, avec ce regard intense des personnes qui vivent des choses si importantes qu’elles en oublient toutes leurs misères – et les risques qu’elles courent !

Attention, je ne suis pas en train de glorifier l’engagement auprès d’un camp particulier, et je ne suis pas dupe évidemment de la propagande médiatique qui met en scène de beaux jeunes gens partis mourrir “en chantant”.

Il faut mettre à côté de ces photos les combattants épuisés, blessés, des destructions et des cadavres qui ne tarderont pas à suivre ces images romantiques.

Mais cela ne fait pas disparaître cette vérité éternelle, que les Hommes trouvent leur joie la plus profonde et la plus solide dans le sacrifice de leur propre vie pour un idéal supérieur qui les dépasse.

Et que sans cette perspective, sans effort, sans engagement, sans prise de risque, aucune technique antistress, aucune psychothérapie, aucune huile essentielle, aucun médicament n’apportera le bonheur, ni même un quelconque soulagement face au fardeau de l’existence.

A votre santé,

Jean-Marc Dupuis

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