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Une nouvelle étude de Harvard a porté sur les sept opérations chirurgicales qui provoquent le plus de complications et de décès.

L’étude a concerné 421 476 opérations réalisées en urgence, sur des patients allant de 18 à 105 ans. À elles seules, ces opérations provoquent 80 % des décès, des complications et des coûts chirurgicaux.

Je vous les indique dans l’ordre. Entre parenthèses, vous trouvez respectivement le taux de complication et le taux de décès suite à l’opération :

  1. Appendicite (7 % – 0,1 %)
  2. Ablation partielle de l’intestin grêle (47 % – 6 %)
  3. Ablation partielle du gros intestin (43 % – 5 %)
  4. Ablation de la vésicule biliaire (8 % – 0,2 %)
  5. Suppression d’adhérence abdominale [1] (28 % – 2 %)
  6. Opération d’un ulcère à l’estomac (42 % – 7 %)
  7. Laparotomie (introduction d’une caméra dans l’abdomen pour diagnostiquer ou traiter) (40 % – 24 %)

Les complications provoquées par ces opérations incluent en pratique tous les problèmes médicaux que vous n’avez pas envie d’avoir : atteinte aiguë des reins, de l’appareil respiratoire, arrêt cardiaque, thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire (caillot de sang dans les poumons), infarctus, infection, choc septique et autre catastrophe.

Ce que vous pouvez faire

On a longtemps cru que l’appendicite non opérée évoluait automatiquement vers la gangrène et la perforation – l’opération était donc obligatoire.

Une revue d’étude publiée en 2008 a remis cette idée en cause. Certaines appendicites évoluent spontanément vers la guérison, de nombreuses autres peuvent être traitées avec de simples antibiotiques [2].

Une revue scientifique américaine de chirurgie a publié une étude sur la nécessité ou non d’opérer systématiquement les enfants souffrant d’une appendicite aiguë.

Une nouvelle étude sur le sujet par des spécialistes de l’Ohio (USA) vient d’être publiée [3]. Elle a porté sur 77 jeunes de 7 à 17 ans qui se plaignaient de douleurs abdominales depuis moins de quarante-huit heures et qui ne présentaient pas d’abcès, de phlegmon (inflammation du tissu en général d’origine infectieuse), de péritonite ni d’autres complications.

Leurs parents ont eu le choix entre une intervention chirurgicale et un traitement par antibiotiques. Trente parents ont choisi d’éviter l’opération (contre quarante-sept qui l’ont préférée).

Parmi les enfants qui n’ont pas subi l’opération, 93 % ont connu une amélioration immédiate de leur état dans les 24 heures. Seuls trois enfants ont dû être opérés malgré tout ! 90 % des opérations ont pu être évitées, et étaient donc inutiles !!

Bien entendu, les jeunes qui ont échappé au bloc-opératoire ont repris plus vite leurs activités scolaires et sportives.

Pour les auteurs de ce travail, cités par le Journal international de médecine, « il est donc possible de ne pas opérer systématiquement les appendicites non compliquées, avec un taux de 90 % de succès à 30 jours, une amélioration de la durée de convalescence et une meilleure qualité de vie [4]. »

En France, la leçon est en train d’être apprise lentement… mais sûrement.

Le nombre d’opérations de l’appendicite a diminué et baissé de moitié en l’espace d’une vingtaine d’années, passant de 162 500 en 1997 à 83 400 en 2012 [5].

Une bonne raison de garder votre appendice

Pendant des dizaines d’années, la majorité des chirurgiens ont raconté que l’appendice « ne sert à rien ». On pouvait donc l’enlever et le jeter à la poubelle sans s’inquiéter.

Les chercheurs en médecine, eux, considéraient aussi que l’affaire était « pliée », et jugeaient inutile d’étudier l’appendice.

Il est pourtant très probable que l’appendice joue un rôle important.

En cas d’infection intestinale et de diarrhée, il se pourrait que ce petit morceau d’intestin serve de réserve à la flore intestinale. Elle conserverait les bonnes souches de bactéries, qui pourraient repartir ensemencer l’intestin une fois la crise passée.

Et peut-être que comme la glande appelée thymus, dans la poitrine, l’appendice joue un rôle plus important pendant l’enfance pour le développement du système immunitaire.

Réduire votre risque d’opération

Concernant les autres opérations, le meilleur moyen de les éviter est d’adopter un mode de vie sain.

Voici six conseils simples qui diminueront votre risque de vous retrouver sur une table d’opération :

  1. Faites tout votre possible pour faire au moins un peu d’exercice physique, à l’extérieur, plusieurs fois par semaine.
  2. Soignez votre alimentation en mangeant des légumes, du poisson, de bonnes huiles crues, des fruits bio de saison, des noix, des œufs de qualité, des légumineuses (lentilles, haricots, pois…).
  3. Réduisez votre consommation de sucre et de produits industriels. Fuyez les 4 P : pains, pâtes, pâtisseries, pizza. Mais fuyez encore plus les chips, biscuits d’apéritif, bonbons, biscuits, sodas et glaces.
  4. Buvez un bon verre de vin chaque jour, sans plus.
  5. Vérifiez régulièrement votre tension artérielle ; surveillez surtout son évolution (il ne faut pas qu’elle monte). Réduisez pour cela votre consommation de sel de table (chlorure de sodium) et augmentez celle de potassium (fruits et légumes).
  6. Prenez chaque jour un bon complément de vitamine D (au moins 4000 UI) et un bon complexe de vitamines B.

Vous connaissez déjà tout ça. Ce n’est pas compliqué, mais il faut s’y tenir !

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis



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Chère amie, cher ami,

Lorsque j’étais jeune médecin, je voyais autour de moi des confrères passionnés par leur métier, fiers de l’exercer avec toute la liberté que leur conféraient le système de santé et les réglementations.

Tant qu’aucune thérapeutique dangereuse ou trop risquée n’était mise en œuvre, les « autorités » nous fichaient une paix royale.

Les choses ont bien changé depuis, y compris la notion de danger.

Ces grands principes qui paralysent tout

Avec l’exacerbation du principe dit « de précaution » qui vire parfois au « principe d’immobilisme », la créativité, la liberté et le champ des possibles ont insidieusement diminué.

C’est ce que j’appelle le « bien penser médical » ou le « bien penser médico-nutritionnel » (BPMN).

Si je vous en parle, c’est que ce BPMN fait des ravages depuis une vingtaine d’années.

Les quelques exemples qui suivent en disent long sur cette tendance qui ronge notre système de santé.

Il y a quelques années encore, nous étions nombreux à proposer des procédés thérapeutiques sans danger à condition d’être exercés avec toute la prudence et les connaissances requises.

Je pense par exemple à la « neuralthérapie [1] » (injection d’une petite dose dans les cicatrices et les foyers inflammatoires d’anesthésiques locaux dérivés de la xylocaïne pour lever certains barrages et beaucoup de douleurs), ou à certaines formes d’ostéopathie aujourd’hui interdites.

Beaucoup avaient aussi recours à l’isothérapie ou l’auto-isothérapie qui consistaient à utiliser des dilutions homéopathiques, en échelle croissante, de toxiques de l’environnement ou de ses propres excrétions (urine, selles, salive…) et bien d’autres encore…

À ce propos, je me souviens encore de ce week-end à la montagne. Nous étions dans un joli chalet, complètement isolés par la neige. Cela aurait été le paradis, mais j’étais plié en deux par la douleur, et je vomissais tripes et boyaux. Pour me soigner, le confrère avec qui j’étais m’avait préparé par dilutions successives ce qu’il appelait un « bouillon de poule » dilué et dynamisé. L’odeur de son étonnante potion était abominable. « Ce devait être une bien vieille poule », lui avais-je dit.

J’avoue avoir grimacé en avalant ce breuvage. Mais peu importe, il m’a remis d’aplomb !

Pourquoi se priver de ces pratiques quand les thérapies « conventionnelles » ont échouées ou ne sont pas accessibles ? Pourquoi s’en priver quand elles peuvent sauver ? Demandez-donc leur avis aux patients !

Les pharmacies victimes du diktat des labos

Il y a quelques dizaines d’années, nos pharmacies étaient aussi beaucoup plus intéressantes, beaucoup plus riches. On trouvait dans les officines de nombreuses souches de plantes (phytothérapie) ou de minéraux qui ont disparu depuis.

Pourquoi ? Tout simplement parce que les grands laboratoires qui les distribuaient ont jugé que leur rentabilité n’était pas suffisante.

De la même manière, l’organothérapie [2] (dilution homéopathique de produits animaux) a été largement attaquée puis réduite à sa plus simple expression sous prétexte de danger liés aux prions [3], alors qu’aux dilutions et avec les procédés de filtration proposés, leur présence était tout simplement impossible. Mais le « principe de précaution » a encore frappé !

Les pratiques innovantes victimes de procès en charlatanisme !

L’ozonothérapie (cure d’ozone encore largement exercée en Allemagne) a été considérée comme dangereuse puis interdite alors qu’elle représentait un puissant moyen de lutter contre les infections. Elle permettait également à l’organisme d’éliminer les toxiques et d’augmenter ses capacités immunitaires.

Je ne vais pas parler ici des thérapies de chélation par intraveineuses (IV)…

Et que dire des thérapies par les sons, les couleurs, le mouvement (art thérapie, eurythmie) qui ont conduit bon nombre de médecins devant les tribunaux ordinaux pour « pratique charlatanesque »…

De purs procès d’intention alors même que personne ne s’est jamais plaint de ces pratiques innovantes, en dehors de « confrères bien intentionnés ».

La « médecine anthroposophique », qui utilise des dilutions homéopathiques, est tout juste tolérée parce que les indications proviennent des raisonnements philosophiques du fondateur de l’Anthroposophie, Rudolf Steiner [4]. Elle a longtemps été considérée comme une médecine charlatanesque dérivant d’une secte et cela a également conduit des confrères à devoir en répondre devant les tribunaux ordinaux (instances des professions de santé).

Même punition pour certains confrères qui préconisaient du gui fermenté (Viscum album) en traitement d’appoint de certains cancers. Pourtant, ceux qui le conseillaient ne reniaient ni n’entravaient les thérapies dites traditionnelles…

On pourrait multiplier les exemples à foison.

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Une frilosité qui freine tout progrès médical

Ce fameux « principe de précaution » ne constituerait-il pas, sous prétexte de précaution sanitaire, un véritable frein à l’évolution de la pratique médicale ? Et au-delà, au progrès ?

On pourrait écrire des pages entières sur ce sujet qui reste d’actualité. En attendant je vous propose de vous référer à quelques liens [5] qui vous permettront de commencer à vous forger votre propre opinion.

Ce principe de précaution est d’ailleurs considéré par certains (et pas des moindres), comme un « principe de perversité » [6].

Quant à « l’Evidence Based Medecine » ou « Médecine Fondée sur les Preuves », elle divise autant que le principe de précaution. C’est dire à quel point les « preuves irréfutables » sont fragiles. Souvenez-vous d’ailleurs de ce que déclarait Albert Einstein : « Je n’ai pas fait une seule de mes découvertes par un processus de pensée rationnelle ». Et il aurait ajouté : « Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé ! ».

C’est pour cette raison que les idées neuves en médecine (et ailleurs) mettent souvent des années, parfois des dizaines d’années à s’imposer [7].

De grands médecins traités comme de vulgaires voyous

Il ne faut donc s’offusquer ni des polémiques ni des insultes.

Le Pr Joyeux et d’autres sont bien placés pour le confirmer. Mais les insultes publiques ne sont jamais ni agréables ni faciles à supporter : tout dépend des caractères !

Certains voient leur vie complètement gâchée par ces attaques.

Je me souviens très bien d’un confrère et ami, cancérologue et sublime chanteur lyrique. Il a fini par s’expatrier à San Marin après avoir fait la « Une » d’un grand journal méditerranéen et… quelques jours de prison.

Qu’avait-il fait pour mériter cela ? Il avait simplement préconisé des thérapies complémentaires dans le cadre du traitement du cancer qui, certes, n’étaient peut-être pas toutes vérifiées ou vérifiables (par les approches scientifiques de l’époque) mais sans danger.

Je me rappelle le ton offusqué d’une ex-ministre de la Santé que j’avais visiblement dérangée à l’heure du café à son sujet. Elle me répondit : « N’ayez crainte, si votre ami est intègre, nous sommes dans un Etat de droit, il ne risque rien ».

Quelques jours après, il était menotté et écroué. Comme un bandit de grand chemin.

Il aura fallu attendre très longtemps pour trouver quelques lignes bien cachées, publiées en bas de page du même quotidien qui l’avait insulté : mon confrère était finalement blanchi de tout soupçon.

Mais le mal était fait. Et il n’est jamais revenu exercer en France.

Il n’est pas question, du moins pour moi, de prendre parti dans ces affaires comme dans celle du Pr Solomides, du Dr Gernez ou du Pr Beljanski, et plus près de nous du Dr Jacques Benveniste que l’on tenta de faire passer pour un charlatan après avoir publié, puis retiré, ses articles dans la revue internationale « Sciences »… Il avait eu le tort de s’intéresser à la mémoire de l’eau, ce qui donnait un commencement d’explication scientifique au mécanisme d’action de la médecine homéopathique.

Une vraie omerta sur les sujets qui sortent du cadre

Il ne suffit d’ailleurs pas d’être prix Nobel de médecine et physiologie, comme ce fut le cas de Luc Montagnier en 2008, pour être à l’abri des bassesses et des insultes.

Il a eu le tort de reprendre, avec les moyens actuels de la science, les travaux de Benveniste, de les compléter et de les amplifier. En 2012, quarante-quatre « confrères prix Nobel » ne se privèrent pas, dans une publication, de lui faire un quasi procès en sorcellerie [8].

Est-ce la raison pour laquelle, aujourd’hui encore, il a beaucoup de mal à trouver des financements pour ses recherches ?

Un excellent film documentaire a été diffusé en 2014 (sur France 5) sur les travaux actuels du Pr Montagnier. Même ce documentaire a provoqué de vives polémiques.

Il est très curieux de constater qu’avec le « bien penser » ambiant, certains sujets semblent tabous et dangereux pour celui qui ose les mettre en avant. On a l’impression de ne même pas avoir droit (quand on est professionnel de santé) de se poser certaines questions, encore moins de mettre le débat sur la « place publique ».

Il en est ainsi des vaccinations, de la mémoire de l’eau, de l’homéopathie, parfois même des intolérances alimentaires… Dès que l’on aborde ce type de sujet, on passe au mieux pour un gâteux sans importance, au pire pour un négationniste de la sacro-sainte vérité scientifique.

N’est-ce pas pourtant l’Etat français, les autorités nationales de santé qui nièrent que le nuage de Tchernobyl avait survolé la France, comme elles ont nié pendant de longues années les effets de l’amiante, comme elles continuent de nier l’incidence sur la santé de la pollution des rivières et des nappes phréatiques, la gestion de plus en plus tendue des hôpitaux publics, le burn-out des personnels et soignants, etc. ?

Deux vérités à dire malgré tout

Parmi ces vérités qu’il faut taire, il y en a au moins deux que le groupe Chronimed que j’ai fondé dénonce depuis des années :

  • La compréhension de l’autisme [9] et les troubles envahissants du développement (TED).

Il y a peu, seuls les psychiatres étaient « officiellement » compétents et on en trouvait encore pour culpabiliser les mères d’enfants malades à propos des TED. Aujourd’hui, on devrait quand même être en droit de se poser des questions à propos de ces troubles et même de l’électrosensibilité [10] : mauvais calendrier vaccinal, adjuvants dans les vaccins, problèmes d’environnement ou de pollution, qu’il s’agisse de métaux, d’autres substances ou même des ondes électromagnétiques comme le prétend le professeur de cancérologie Dominique Belpomme, membre de plusieurs sociétés savantes internationales et président de l’ARTAC [11] ?

  • Parmi ces autres « tabous » figurent les maladies chroniques inapparentes dites « infections froides », dont j’ai donné la définition dans un de mes derniers livres [12]. Il s’agit en fait de certaines formes microbiennes qui peuvent rester « silencieuses » dans l’organisme pendant des années et se réveiller un jour, si le système immunitaire s’affaiblit. Elles déclenchent alors des pathologies qui peuvent devenir chroniques.

L’incroyable silence de l’Etat sur la maladie de Lyme

Parmi ces « infections froides », il en est une qui fait couler beaucoup d’encre : la maladie de Lyme.

On le sait, elle est transmise par les tiques qui nous inoculent leurs germes, dans ce cas les borrelies. Je ne rentrerai pas dans le détail de ce sujet, mais là encore, il faut signaler à la fois la méfiance et la lenteur des autorités de santé qui, tout en promettant force commissions et décrets, font tout ce qu’elles peuvent pour freiner les publications et travaux sur le sujet.

Comment expliquer l’absence totale de politique de prévention publique [13] ?

Qui connaît, en France, le véritable danger des tiques et autres parasites susceptibles de transmettre ces « infections froides » qui peuvent toucher les articulations et le système nerveux avec comme conséquence un handicap important et une nécessité de traitement précoce, complexe et lourd ?

Bien au contraire, comme pour Tchernobyl, on nie, et on ne se contente pas de nier : on fait passer les malades pour de doux dingues et la maladie comme rarissime (le journal Le Monde recensait en 2013 pas moins de 15 000 cas). On fait aussi bien sûr passer pour de dangereux charlatans les médecins qui essayent de prendre en charge ces patients !

Ne jamais baisser les bras face à la bien-pensance médicale

Heureusement, quelques associations [14] (pardonnez-moi, si j’en oublie) et leurs avocats essayent d’inverser le processus. Mais c’est extrêmement difficile et lent.

Il faut bien, pour conclure, constater que si le « bien penser » a encore de beaux jours devant lui, nous sommes de plus en plus nombreux, patients, impatients voulant se prévenir activement, et médecins, à vouloir lui rendre la vie de plus en plus difficile.

Méfiez-vous donc du BPMN !

J’espère que cette lettre ainsi que les autres publications de « Santé Nature Innovation » y contribueront. Je tiens à préciser qu’elles ne remplaceront jamais un médecin bien formé et surtout un médecin libre de ses opinions et prescriptions.

Et surtout, surveillez bien votre messagerie…

Docteur Dominique Rueff



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Chère lectrice,
Cher lecteur,

Je vous avais parlé il y a quelques temps des probiotiques à base de lait.

Aujourd’hui j’aimerais continuer la discussion et vous parler d’une boisson délicieuse et riche en bactéries probiotiques : le kéfir de fruits.

Quand on évoque les bactéries probiotiques, on pense spontanément aux boissons à base de lait comme le Yakult et l’Actimel. Celles-ci contiennent la souche Lactobacillus casei.

Les connaisseurs de spécialités orientales citeront aussi le kéfir issu de la fermentation du lait.

Le kéfir contient une trentaine de souches de bactéries différentes. C’est donc une boisson bien plus riche en bactéries et plus efficace que le Yakult et l’Actimel.

Un kéfir sans lait

Bien entendu, toutes ces boissons sont à base de lait. Ce n’est pas idéal… Aujourd’hui, de nombreuses personnes ont pris conscience qu’elles consommaient trop de produits laitiers.

C’est vrai que le lait n’est pas conçu pour l’homme. On parle souvent du lactose qui est mauvais, mais ce n’est pas tout. Le lait contient huit substances toxiques qui favorisent les problèmes digestifs, le surpoids, l’asthme, les allergies, le cancer…

Heureusement, il est possible de consommer des probiotiques sans lait. Le meilleur exemple étant le kéfir de fruit – une boisson acidulée et légèrement pétillante, idéale pour vous désaltérer lors des chaudes journées d’été.

C’est une limonade à l’ancienne qui vous fait plaisir, et qui fait plaisir à votre corps.

La recette du kéfir de fruits

Pour réaliser du kéfir de fruits, vous avez besoin de « grains de kéfir », ce sont des amas de bactéries qui vivent en symbiose.

Selon que les grains de kéfir sont cultivés dans le lait ou dans l’eau fruitée, leur apparence varie :


Grains de kéfir de fruit à gauche, grains de kéfir de lait à droite

Remplissez un gros bocal avec de l’eau minérale.

Ajoutez 3 cuillerées à soupe de sucre fin roux (ou blanc). Le sucre servira à nourrir les bactéries du kéfir. Mélangez bien pour que le sucre commence à se dissoudre dans l’eau.

Ajoutez 2 cuillerées à soupe de grains de kéfir, deux tranches de citron jaune et deux figues séchées. Couvrez le bocal d’un linge et mettez-le à l’abri de la lumière, à température ambiante.

Lorsque les figues seront remontées à la surface (après 24 heures en général) [1], munissez-vous d’une passoire fine (non métallique) pour filtrer le kéfir et le transvaser dans des bouteilles refermables, type limonade.

Refermez les bouteilles hermétiquement, et gardez-les 48 heures à température ambiante pour achever la fermentation. Après cela, placez les bouteilles au frais pour ralentir la fermentation. Le kéfir de fruits se conserve trois jours au frais. Ne tardez pas à le boire, autrement il deviendra trop acide !

Quelques conseils en plus

Récupérez soigneusement les grains de kéfir dans la passoire, rincez-les et conservez-les au réfrigérateur dans un bol avec de l’eau et du sucre (pour les nourrir). Vous pourrez les réutiliser pour votre prochain kéfir.

Vous pouvez presser les rondelles de citron pour récupérer le jus puis jetez-les, ainsi que les figues.

Il existe de nombreuses variantes du kéfir de fruits. Avec des framboises, des pêches, de la menthe, du thé, du lait de coco, etc.

Trois avantages du kéfir de fruits

  1. Le kéfir de fruits est digeste. Il réduit les désordres intestinaux.
  2. Il vous apporte les bactéries qui vous aident à assimiler les vitamines, les minéraux et les protéines.
  3. Certains témoignent que le kéfir de fruit calme les envies de grignoter [2].

Pourquoi le kéfir de fruits ne s’achète pas au supermarché

Avant que vous me posiez la question, je vous réponds tout de suite :

La production de kéfir de fruits à base de grains de kéfir n’est pas coûteuse en soi, mais elle exige de cultiver constamment les grains de kéfir. C’est pourquoi le vrai kéfir n’est pas un produit que l’on trouve au supermarché.

Avec un peu de chance, vous en trouverez sur les marchés bio.

Par Internet, vous pouvez entrer en contact avec des spécialistes du kéfir de fruits. Ils vous enverront volontiers une partie de leur production de grains de kéfir (par la poste !).

Malheureusement, suite à mon dernier message, le service d’envoi de kéfir de Rebelle Santé n’arrive plus à répondre à la demande. Si vous possédez vous-même du kéfir, n’hésitez pas à prendre contact avec eux pour le partager avec eux et ainsi prolonger la chaîne du kéfir. Voir ici.

Bien à vous,
Eric Müller



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L’humanité ne se lassera jamais, je pense, de se passionner pour les histoires de poitrine féminine.
Des sites Internet entiers y sont consacrés. Officiellement, ils traitent de « l’actualité des stars ». En pratique, ils publient essentiellement des photos volées de « célébrités » en bikini, en tenue légère laissant voir, soi-disant « par accident », telle ou telle partie de leur intimité.

Les sites anglais sont les meilleurs dans ce domaine, comme celui du journal à scandale Daily Mail [1].

Impossible d’y échapper si vous allez sur Internet. Même le site du journal Le Monde ou de Castorama vous mettent désormais des publicités avec photos et slogans aguichants sur ces sujets. Même si vous ne voulez pas cliquer, vous ne pouvez pas ignorer ces images qui surgissent partout.

Or, la partie de l’anatomie qui continue à fasciner le plus est… la poitrine : chacun se demande si unetelle ou, de plus en plus souvent, untel, s’est fait poser de faux seins, si le « travail » est réussi, etc, etc.

Le site Aufeminin.com, destiné aux femmes, consacre une rubrique entière aux photos « avant/après » de toutes les célébrités s’étant fait refaire la poitrine [2]. On y parle de Pamela Anderson, star de ma jeunesse aux faux seins d’une rondeur il est vrai fascinante, que sans doute les jeunes ne connaissent plus, et de centaines d’autres starlettes dont j’ignorais l’existence.

Et cet engouement semble bien justifié…

Le conte de fée grâce à la chirurgie

Une étude publiée en 2012 dans la revue « Plastic & Reconstructive Surgery » a montré que, parmi les femmes se faisant refaire la poitrine, 83 % sont plus satisfaites de leur apparence physique, 88 % se déclarent plus heureuses qu’avant, et 81 % déclarent une amélioration de leur vie sexuelle [3] !!!

Cette différence est spectaculaire. Peu d’interventions médicales peuvent se vanter d’un taux de succès aussi élevé.

Il faut noter que cet effet positif sur le niveau de bonheur est extrêmement rare. Il ne se retrouve pas avec beaucoup d’autres événements pouvant affecter la vie d’un être humain. Habituellement, tout changement positif dans la vie est rapidement assimilé, fait partie au bout de quelques mois de la normalité, et ne procure plus de joie particulière. Ainsi en est-il par exemple d’une promotion professionnelle, d’une augmentation de salaire, d’un nouvel achat et même du fait d’avoir un enfant.

Le fait en revanche de se retrouver soudain avec une poitrine opulente et rebondie, provoque un changement drastique manifestement très apprécié par les intéressées.

À tout moment, que ce soit dans la rue, au bureau, sur la plage, en discothèque, dans l’intimité ou même au supermarché, le regard de tout l’entourage change – dans le bon sens !

Décolleté provocateur, bustier, soutien-gorge pigeonnant, voire absence totale de sous-vêtement d’ailleurs, bikini mini-mini, tout devient l’occasion de s’amuser en attirant l’admiration… et le désir, avec un plaisir sans cesse renouvelé. La vie devient un conte de fée !

D’où le succès gigantesque de ces opérations : 5 à 10 millions de femmes se laissent tenter chaque année par la pose d’implants mammaires !

Tout cela est magnifique, n’est-ce pas, mais vous me connaissez trop bien, cher lecteur…

Eh oui, vous vous en doutiez, et vous aviez raison : loin d’inciter mes lectrices à participer à la fête, en leur recommandant ce raccourci vers le bonheur, je vais (encore une fois !) faire mon rabat-joie.

Mais que voulez-vous. C’est mon rôle, pas toujours drôle d’ailleurs, que de vous dire la vérité, même si elle ne fait pas plaisir à entendre…

La face sombre des implants mammaires

Malheur, trois fois malheur, mais le fait est que les opérations de reconstruction chirurgicale de la poitrine comportent de graves dangers.

Une étude de la Mayo Clinic (le plus grand hôpital des Etats-Unis) portant sur 749 femmes s’étant fait poser des implants mammaires entre 1964 et 1991 a montré que 24 % avaient connu des complications, incluant des cicatrices dures et douloureuses, des ruptures de leur implant, des hématomes et des infections [4].

Une étude menée par l’Université de Maryland a montré que 64 % des implants en silicone se rompent et fuient dans les 25 ans après avoir été posés. Les autorités de santé américaine (FDA) recommandent donc désormais de se faire retirer les implants au bout de huit ans [5], ce qui non seulement laisse souvent des cicatrices, mais entraîne aussi cette conséquence malheureuse que la femme se retrouve avec des seins encore plus plats qu’avant, puisque retirer l’implant entraîne aussi d’enlever des tissus mammaires qui se trouvaient autour.

Les allergies au silicone et le silicone qui se répand dans l’organisme peuvent entraîner de graves maladies auto-immunes : lupus érythémateux, arthrite rhumatoïde, sclérose en plaques [6].

Quant aux implants remplis de solution saline (eau salée), réputés moins allergènes, le problème est que des bactéries et des moisissures peuvent s’y développer. L’enveloppe de silicone est en effet partiellement perméable. Des bactéries dangereuses comme le staphylocoque doré ou l’E. Coli peuvent s’y implanter [7].

Les femmes en âge de procréer qui se font poser des implants mammaires pourraient s’attendre à des problèmes en cas d’allaitement. Une étude menée au Texas a montré que 64 % des femmes ayant des implants mammaires avaient trop peu de lait pour allaiter, contre 7 % habituellement. Cette étude date néanmoins de 1971 et n’a pas été confirmée depuis [8].

L’Institut National du Cancer, en France, a émis une alerte après avoir constaté un lien entre les implants mammaires et le lymphome anaplastique à grandes cellules (LAGC), une forme de cancer :

« Il existe un lien clairement établi entre la survenue de LAGC mammaire et le port d’implants mammaires », a déclaré le groupe d’experts [9].

Plus inquiétant encore, il existe malgré tout un risque de suicide douze fois plus élevé chez les femmes ayant des implants mammaires. Attention, cette hausse du risque pourrait toutefois être liée au fait que beaucoup de femmes ayant des implants mammaires se les sont fait poser à la suite d’un cancer du sein, et ont donc subi des épreuves terribles.

Pas étonnant, donc, que les implants mammaires soient régulièrement au cœur de gros scandales.

Les implants mammaires au cœur de gros scandales.

Les implants mammaires ont déjà fait l’objet de deux immenses scandales.

Le premier, dans les années 90, a mené à la condamnation des trois firmes pharmaceutiques qui les produisaient : Dow Corning Corporation, Bristol-Myers-Squibb et Baxter Healthcare Corp. Ensuite, elles ont dû payer 3,7 milliards de dollars aux femmes qui les poursuivaient pour avoir subi de graves complications.

L’autre scandale, encore tout frais surtout dans les esprits français, est celui des prothèses PIP, qui avaient été frauduleusement remplies de silicone industriel plutôt que de silicone médical. Huit femmes dont les implants s’étaient rompus sont décédées d’une forme rare de lymphome (cancer).

Mais d’autres scandales sont à venir, selon toute probabilité : en effet, depuis cent ans que la médecine pratique les implants mammaires selon différentes techniques, aucune étude sérieuse, de grande ampleur et de long terme, n’a été menée pour déterminer le risque réel lié à cette opération.

Les prothèses à solution saline, autorisées depuis 2003 aux USA et réputées comme plus sûres, n’ont fait l’objet que d’une étude sur une seule année, alors qu’on sait que la grande majorité des problèmes se posent sur le long terme (plus de huit ans).

Enfin, un fait qui ne trompe pas, et qui indique que le vent est en train de tourner : la star Victoria Beckham, la femme du footballer anglais David Beckham qui arborait des faux seins qui faisaient l’envie (et la jalousie) de millions de fans à travers le monde, a finalement annoncé en 2014 qu’elle se les était fait retirer afin, a-t-elle dit, de retrouver le charme d’une poitrine naturelle :

La star Victoria Beckham, ex-Spice girl, avant (à gauche) et après (à droite) s’être fait retirer ses faux seins en 2014.

Cette « grande nouvelle » a eu un effet immédiat en Angleterre : écroulement des nouvelles opérations d’implants mammaires : -20 % en un an !!

Espérons que son exemple aboutisse à réserver désormais la chirurgie mammaire reconstructive aux femmes victime du cancer du sein, pour qui le rapport risque/bénéfice est indiscutablement positif.

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis



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C’est le prix Nobel de chimie (1977) Ilya Prigogine qui a découvert les « structures dissipatives [1] ».

Une structure dissipative est un système capable de transformer de l’énergie perdue, « dissipée », et de la mettre au service d’un projet organisé, aboutissant à la création d’une forme ordonnée.

Ainsi par exemple le règne végétal sur terre est une immense structure dissipative. Elle exploite une partie de l’énergie du soleil qui, sans elle, se dissiperait dans l’univers.

Cette énergie frappe la terre et permet la photosynthèse : grâce à l’énergie solaire, les végétaux transforment le CO2 présent dans l’air, l’eau et des minéraux présents dans les sols ou dans l’eau de mer en matière vivante.

Une flore incroyablement riche se développe. Elle inclut les plus petites fleurs jusqu’au baobab géant, en passant par le plancton marin, les algues, les baies, les céréales et les fruits.

Ce règne végétal, à son tour, est exploité par d’autres « structures dissipatives » : le règne animal, le cortex cérébral (cerveau) et la civilisation humaine.

Les êtres humains utilisent en effet l’énergie perdue de la nature. Le feu, par exemple, surgissait à l’origine au hasard, des volcans ou des éclairs. En apprenant à maîtriser le feu, les hommes ont utilisé cette énergie pour chauffer leurs grottes, cuire leurs aliments puis forger le métal.

Plus tard sont apparues les machines à vapeur, l’électricité et la fission nucléaire.

Par paliers successifs, les structures dissipatives aboutissent donc à la création de systèmes aussi complexes que les smartphones, la bombe atomique mais aussi les pyramides d’Egypte, la Ve symphonie de Beethoven ou la Chapelle Sixtine !

Tout cela à partir de l’énergie produite apparemment « inutilement » par le soleil :

Soleil
 Foret
Maison
Eglise
Satellite

Les structures dissipatives transforment l’énergie perdue en systèmes ordonnés. Ainsi le règne végétal est une structure dissipative capable de transformer en matière organique (plantes) l’énergie solaire qui autrement se serait dissipée dans l’univers. Par palliers successifs, d’autres structures dissipatives (règne animal, cortex cérébral, civilisation humaine…) aboutissent à des créations aussi complexes que les satellites ou la Chapelle Sixtine peinte par Michelange (ci-dessus).

Utilisez-vous votre énergie psychique à bon escient ?

Votre cerveau est une « structure dissipative » particulièrement puissante.

Il exploite l’énergie diffuse de l’environnement qui était, à l’origine, dans le soleil, puis dans la nourriture, et enfin dans le système digestif. Il convertit cette énergie en énergie psychique (influx nerveux dans le cerveau) pour sentir, penser, commander à votre corps et structurer son environnement.

Le cerveau est capable de créer de l’ordre et, potentiellement, des bijoux technologiques ou des œuvres d’art d’une complexité phénoménale.

Mais bien sûr, comme tout système complexe, le cerveau humain peut rester à l’état de friche, désorganisé, stérile ou même nuisible.

Il peut ressembler à un fleuve puissant qui irrigue des terres fertiles et fait jaillir cultures, jardins, villes et monuments. Mais il peut aussi être semblable à un torrent de montagne impétueux et incontrôlé qui détruit tout sur son passage.

Dans le premier cas, vous êtes maître de vos pensées et de vos émotions :

  • Vous êtes capable de mobiliser votre énergie psychique pour des tâches utiles, qui vous apportent joie, sérénité, satisfaction. Vous développez toujours plus loin vos capacités créatrices et contribuez à améliorer le monde autour de vous.
  • Vous êtes apprécié de votre entourage, présent aux autres. Vous entretenez des relations harmonieuses avec vos proches et évitez les situations compliquées et conflictuelles.
  • En cas de déception, problème, accident, vous êtes capable de vous ressaisir et d’adopter une « stratégie transformative ».

L’expression « stratégie transformative » a été créée par le psychiatre George Vaillant. Elle s’oppose à « stratégie régressive ».

Adopter une « stratégie transformative » consiste, en cas de problème ou d’accident, à ajuster ses objectifs selon les contraintes nouvelles, à se fixer un nouveau but réaliste et à recommencer aussi vite que possible à construire, avancer, progresser.

Cette capacité de « résilience », selon l’expression consacrée par Boris Cyrulnik, vous procure un bonheur authentique et durable, dans le succès comme dans l’adversité. Elle suscite l’admiration sincère des témoins qui vous voient faire.

Dans le second cas, le cas où vos pensées sont comme un torrent sauvage, vous êtes le jouet de vos émotions :

  • Vous passez d’une idée à l’autre, d’une excitation excessive à l’abattement, vous piétinez, n’apprenez rien de nouveau, perdez votre temps et faites perdre leur temps aux autres.
  • Vous cultivez des pensées sombres, pessimistes et anxiogènes. Vous déprimez votre entourage, qui vous fuit. Mais la première victime, c’est vous-même, puisque vous vous vous imposez un monde intérieur qui est pour vous comme une prison obscure, sale, nauséabonde, peuplée de créatures hostiles et inquiétantes.
  • Vous passez un temps excessif à des activités qui ne vous font ni grandir ni progresser : regarder passivement la télévision, feuilleter des magazines sans intérêt, surfer sur des sites de divertissement, errer dans les rues et les centres commerciaux, traîner dans des bars ou même rester assis sans rien faire.
  • À la moindre contrariété, vous explosez ou sombrez dans une résignation morbide. Les défis vous inquiètent et vous préférez fuir la réalité, par exemple en cherchant à « noyer » votre chagrin dans l’alcool ou avec d’autres moyens destructeurs. Vous vivez dans un état de peur, allant de la tristesse au désespoir. C’est donc bien une stratégie de « régression » que vous suivez. Votre vie vous semble dominée par l’absurde, le chaos.

Si vous connaissez des épisodes où vous vous sentez plutôt dans le second cas, alors continuez à lire. Vous découvrirez la force des « structures dissipatives » dans votre cerveau pour instaurer dans votre esprit l’ordre à la place du chaos.

Vous pourrez transformer le torrent sauvage de votre énergie psychique incontrôlée en un fleuve calme et puissant qui vous remettra sur les voies du progrès et du bonheur.

Convertir des événements neutres ou destructeurs en éléments positifs

Les éléments qui suivent sont tirés des travaux du grand psychologue d’origine hongroise Mihaly Csikszentmihalyi (prononcer Tchik-scène-tmi-aïe).

Il a travaillé toute sa vie sur l’importance de canaliser ses pensées pour trouver l’équilibre et le bonheur.

Mihaly Csikszentmihalyi explique que notre cerveau est une « structure dissipative » capable de tirer une logique du chaos qui nous entoure dans l’univers, et de mettre cette logique au service de nos objectifs, de notre progrès, de notre bonheur.

Selon lui, notre équilibre intérieur et notre capacité à nous développer dépendent de notre aptitude à convertir des événements neutres ou destructeurs en éléments positifs.

Imaginez que vous soyez employé de banque, à 45 ans, et que vous perdiez votre travail.

Suite à ce licenciement, certaines personnes vont se taire, rentrer chez elles et déprimer.

Elles ne parviendront plus à se lever le matin. Elles retourneront leur colère contre leur famille, leurs amis, ou se mettront à boire. C’est le début de la dégringolade. Vous aurez reconnu la « stratégie régressive ».

D’autres, au contraire, vont se prendre en main. Elles vont même profiter de l’occasion pour réaliser une évolution professionnelle qu’elles désiraient depuis longtemps.

Elles vont déménager, commencer une nouvelle formation qui les conduira à élargir le cercle de leurs amis et de leurs relations professionnelles.

Après quelques années, leur licenciement n’apparaît plus dans leur vie comme une tragédie, mais au contraire comme un tournant décisif qui leur a permis de connaître des expériences plus enrichissantes. C’est bien sûr la « stratégie transformative ».

Plus fréquemment, les deux types de stratégies se combinent : la personne qui connaît un grave échec commence par se mettre en colère, faire une bêtise. Puis après quelques jours, le calme revient et elle examine son problème sereinement, pour trouver des évolutions constructives.

La plus grande source d’admiration

La capacité de résilience est ce que les êtres humains admirent le plus chez les autres.

Ce n’est pas le fait de ne connaître que des succès dans la vie qui fait de vous une personne reconnue et admirée.

Au contraire, dans toutes les civilisations, celui qui n’a connu que des événements heureux sans jamais se confronter à l’adversité n’est pas considéré comme une personne complète, et ayant fait la preuve de sa valeur.

Tous les mythes fondateurs des civilisations reposent sur la même logique : l’épopée de Gilgamesh, les aventures d’Œdipe, les douze travaux d’Hercule, l’Odyssée d’Ulysse, les chevaliers de la Table-Ronde et la recherche du Graal.

Il s’agit toujours d’une personne confrontée à des dangers, incarnés par des « monstres », « sphinx », « hydres », « cyclopes », « sirènes », « magiciens » ou « dragons ».

Utilisant toutes les ressources de son astuce, de son habileté et de son courage, elle parvient à éviter ou vaincre les dangers. Grâce aux épreuves, le jeune garçon prouve sa valeur et acquiert le statut de héros.

Les dieux lui permettent alors de revenir chez lui et, en général, de se faire couronner roi (Œdipe, Ulysse, le roi Arthur).

À Sparte, dans la Grèce Antique, les enfants devaient d’abord traverser victorieusement des épreuves physiques incluant froid, douleur, solitude, pour être ensuite reconnus comme citoyens à part entière.

Dans de nombreuses cultures tribales, les rites d’initiation et de passage à l’âge adulte incluent des scarifications (se couper volontairement la peau avec une lame), le contact avec le feu, les braises.

Dans les Evangiles également, Jésus ne commence pas sa vie publique sans avoir d’abord montré sa valeur durant son jeûne de quarante jours au désert, au cours duquel il a prouvé sa capacité de résister aux tentations du diable.

Et dans la « vraie vie », le fait d’avoir su :

  • Reprendre vos cahiers après avoir échoué à un examen
  • Vous remettre à l’ouvrage alors que tout votre travail avait été détruit…
  • Reconstruire votre maison alors que tout avait brûlé…
  • Réapprendre à sourire alors que vous aviez perdu l’être qui vous était le plus cher…
  • Repartir au combat après une lourde défaite…

C’est ce qui fait l’étoffe des héros, d’un caractère accompli, d’une vie réussie. C’est le célèbre poème de Rudyard Kipling qui se termine par : « Alors, tu seras un homme mon fils. [2] »

Pour cela, il est important de prendre conscience que votre esprit a toute la puissance d’une « structure dissipative ». Il est fait pour vous aider à affronter les pires épreuves. Servez-vous de cette force !

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis



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