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Vaincre la chaleur en ajustant vos vêtements, votre alimentation et votre sommeil

Chère lectrice, cher lecteur,

L’humanité dépense moins d’énergie pour se chauffer que pour se refroidir (air conditionné).

Cela ne va pas aller en s’améliorant.

En ces jours de canicule, la chaleur peut paraître insupportable et l’air conditionné, une nécessité.

Tout le monde cependant n’y a pas accès, ou ne souhaite pas y avoir accès, par mesure d’économie d’énergie.

Heureusement, il existe des moyens de mieux supporter la chaleur sans recourir à l’air conditionné. Ils rendront votre maison plus fraîche que si vous ne faites rien. Certains des conseils ci-dessous sont du simple bon sens. Pour d’autres, je les ai découverts dans le Sud de l’Espagne, à une époque où personne n’avait d’air conditionné et où les habitants devaient gérer des chaleurs extrêmes quotidiennes. N’hésitez pas à ajouter d’autres « trucs » dans les commentaires ci-dessous :

1. Ouvrir les fenêtres et les volets la nuit, pour faire entrer l’air frais, et bien les refermer le matin, pour conserver l’air frais à l’intérieur.

Plus votre logement est isolé, plus c’est important de ne pas faire l’erreur d’ouvrir la fenêtre ou les portes au moment où il fait chaud. Les volets à claire-voie (qui laissent passer la lumière) sont faits exprès pour protéger du soleil la journée, tout en laissant évacuer l’air chaud vers l’extérieur. C’est une technologie simple, très ancienne, mais très efficace.

2. Utilisez des ventilateurs : faire circuler l’air grâce à des ventilateurs donne immédiatement une impression de fraîcheur et permet de mieux dormir.


3. Changez votre lit de place :
 descendez d’un étage, si vous le pouvez, car l’air chaud monte. L’endroit le plus frais est le sous-sol ou la cave. Si vous ne le pouvez pas, le simple fait de dormir au ras du sol, sur un futon par exemple, peut déjà vous faire gagner la fraîcheur qui fera la différence pour une meilleure nuit de sommeil.

4. Couchez-vous tard, quand la température a eu le temps de baisser un peu. Vous profiterez aussi de la fraîcheur du matin pour vous reposer, si vous en avez la liberté, ou vous ferez une sieste au moment des plus fortes chaleurs, en début d’après-midi.


5. Utilisez des draps de lin
 : le lin est une matière naturelle hautement respirable, absorbante et légère. Les draps de lin ne collent pas à la peau, sèchent rapidement et sont connus pour évacuer la chaleur vers l’extérieur. On dit que la conductibilité du lin est cinq fois supérieure à celle de la laine, et dix fois supérieure à celle de la soie.


6. É
vitez de cuisiner
, ou de faire tourner des appareils électroménagers : mangez des crudités, et évitez surtout de mettre en route votre four ; vous pouvez faire un barbecue à l’occasion, mais n’oubliez pas que les protéines de la viande et du poisson donnent chaud quand on les digère ; les soupes de légumes froides (gaspacho de tomates ou de concombres) sont idéales, et quand on aime on ne s’en lasse pas.


7. Portez des v
êtements amples et légers 
: le short et le T-shirt en coton ne sont pas la meilleure tenue quand il fait très chaud. Vous êtes au contraire exposé à la chaleur, aux rayons brûlants du soleil. Ils vous font transpirer s’ils sont serrés, ce qui est souvent le cas avec la mode actuelle. Les jours de grosse chaleur, la tenue qui vous maintiendra le plus au frais est le pantalon ou la jupe et la chemise amples, en lin ou éventuellement en coton, avec un chapeau en paille claire type Panama ou Canotier pour la ville, chapeau de jardinier ou sombrero à la campagne.


8. Prenez des douches ou des bains froids :
 l’eau qui sort de sous la terre et arrive dans votre robinet est toujours plus froide que l’atmosphère des jours de chaleur.


9. É
vitez de vous agiter ou de prévoir des activités demandant de gros efforts : c’est un conseil que l’on applique en général spontanément…


10. Protégez-vous avec des plantes :
 à l’extérieur, l’ombre d’un platane ou d’une treille est bien plus efficace que toutes les tentes ou les parasols, qui forment une bulle d’air chaud et étouffant. À l’intérieur, les plantes vertes tropicales rafraîchissent l’atmosphère en absorbant la lumière pour la photosynthèse et en rejetant de l’oxygène.

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

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La fable du jardin qui produisait trop

Chère lectrice, cher lecteur,

Il y a trois printemps j’ai démarré un nouveau jardin, plus grand.

Ayant décidé de faire les choses bien cette fois, j’ai prévu des endroits pour tous les légumes et fruits communs qui poussent sous nos latitudes.

Tous ?

Pas tout à fait. Maintenant que vous me posez la question, je n’ai pas encore d’asperges, par exemple. Il faut planter des « griffes » et cela met quelques années à produire. Mais ça va venir !

Pour l’instant poussent tous les légumes courants des potagers familiaux : patates, carottes, salades, tomates, haricots, poireaux, etc., et aussi des melons et des pastèques, des aubergines, des artichauts, des fèves, des abricots, des coings, tous les styles de fruits rouges, myrtilles, etc., etc.

J’ai même des « mûroises », un nouveau fruit délicieux issu du croisement d’une mûre et d’une framboise.

Du céleri, du fenouil, des fèves excellentes, toutes sortes de plantes aromatiques et médicinales évidemment, notamment du raifort, de la consoude, de la bardane et de l’anis… Plus des milliers d’abeilles qui butinent mes lavandes, mes iris, mon trèfle…

(Vous pouvez voir dans l’image en haut de la lettre mon nouveau potager, au 15 juin, avec mon jeune apprenti au premier plan. Par respect pour lui, j’ai protégé son image, mais il est très gentil et très mignon !)

Je devrais être le plus heureux des hommes et, d’une certaine façon, je le suis.

Mais vous connaissez mon « problème » ??

Hé bien mon problème est que je suis triste d’en avoir… trop !

« C’est lamentable, Jean-Marc, si tu en as trop, tu n’as qu’à partager avec les plus démunis !! »

Je sais combien ce que j’écris peut choquer. Tant de personnes ne mangent pas à leur faim.

Tant n’ont plus assez d’argent pour acheter autre chose que de la malbouffe en supermarché. Si peu ont de quoi payer de bons fruits et légumes bio comme les miens.

Plusieurs personnes m’ont déjà dit : « Tu n’as qu’à les distribuer autour de toi !! »

J’aimerais bien. Mais je n’y arrive pas.

En effet, mon potager réclame beaucoup de travail, comme vous pouvez imaginer. Il faut semer, planter, biner, sarcler, irriguer, désherber, protéger, récolter, stocker…

Cela représente des heures par jour. Et je suis très occupé par mon travail.

Je n’ai tout simplement pas le temps, en plus, de préparer des caisses remplies de légumes, les charger en voiture, et faire des kilomètres pour les apporter à ceux qui en auraient besoin.

Je ne sais d’ailleurs même pas qui en aurait besoin.

Quand vous posez la question, les gens vous répondent tout de suite que ça les intéresse. Mais encore faut-il qu’ils soient chez eux quand vous arrivez. Qu’ils n’aient pas justement fait des courses la veille, si bien que leur frigo soit déjà rempli. Qu’ils ne soient pas à la veille d’un départ en week-end ou en vacances. Qu’ils aiment faire la cuisine, et qu’ils n’aient pas prévu de manger à l’extérieur justement dans les jours qui suivent…

Impossible de mettre mes légumes dans la rue

J’ai essayé de faire des caisses avec ma surproduction et de les mettre dans la rue avec un panneau « Servez-vous ! ». Mais ça ne marche pas bien non plus.

Mes légumes, bio, sont succulents. Mais ils ont souvent de la terre, des petits trous, une chenille ou une limace qui se promène… Cela suffit à faire fuir la plupart des gens, qui sont habitués aux légumes aseptisés et calibrés, vendus en grande surface sous une lampe à ultraviolet qui fait ressortir les couleurs brillantes. De plus, les gens de passage n’ont pas de sac pour emporter les légumes et je ne peux les fournir en plus moi-même.

Le seul moment où j’arrive vraiment à donner mes légumes, c’est quand j’ai de la visite. Je propose à mes invités de leur mettre des légumes dans le coffre. Alors, en général, ils acceptent (mais pas toujours, car c’est gênant d’accepter de la nourriture).

La pire période de l’année commence pour moi

Nous sommes le 6 juillet et c’est la pire période de l’année qui commence pour moi.

Les examens sont finis et mes enfants se préparent à partir à droite et à gauche. Je vais me retrouver seul dès dimanche. Les visites d’amis vont se raréfier. Or, c’est justement en ce moment que mon potager commence à produire vraiment.

Je serai seul pour la récolte des oignons, l’ail, les échalotes, les pommes de terre, les courgettes qui heureusement se conservent relativement bien.

Mais quel dommage pour les haricots verts, les salades, les framboises, les tomates, le basilic, le persil, et tant d’autres délicatesses qui sont surtout bonnes lorsqu’elles sont mûres.

Je vais faire des conserves, congeler, mais d’avance je sais que je me sentirai un peu amer au milieu d’un si beau « royaume » sans en faire profiter les autres, avec une impression de gaspillage et d’inutilité…

La richesse se partage

Je vous avais promis une « fable ». Hé bien c’était cela. La morale de l’histoire, c’est qu’il est bon de partager.

Cela ne doit pas aller toujours dans le même sens. L’idéal pour moi serait de pouvoir donner, mais aussi de savoir que, si une année je tombais malade et ne pouvais pas cultiver, un voisin me permettrait lui aussi de bénéficier de son surplus.

Donc il me semble que le problème des inégalités, aujourd’hui, c’est surtout que les gens ne se connaissent plus et ne peuvent plus s’entraider de façon efficace.

La solution pour éviter le problème des « riches qui en ont trop » et des « pauvres qui n’en ont pas assez », serait de recréer des petites communautés soudées, solidaires. Il faudrait qu’elles soient assez larges pour qu’on puisse se compléter. Mais aussi assez restreintes pour qu’on puisse se connaître et avoir la certitude que les autres participent et font des efforts eux aussi.

Je t’apporte un kilo de haricots verts, tu me donnes un pot de miel… Je t’aide à récolter tes cerises, tu m’aides à faire mes gelées de cassis…

Cette entraide ne doit pas être permanente ou contraignante, sinon c’est étouffant. Mais qu’on puisse le faire le week-end ou au moment des vacances, ce serait quand même formidable…

Enfin, je vous laisse. Je retourne dans mon jardin. Et j’essaye de trouver un voisin qui me comprenne !

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

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Les 7 questions que je pose à une personne dépressive

Chère lectrice, cher lecteur,

Lorsqu’une personne me dit qu’elle se sent dépressive, je commence toujours par lui demander :

  • Avez-vous une bonne relation d’intimité avec une personne que vous aimez et qui vous aime ?
  • Avez-vous des amis qui vous soutiennent et que vous voyez régulièrement ?
  • Avez-vous un travail qui vous plaît et qui a du sens pour vous ?
  • Avez-vous un diplôme qui correspond à vos capacités et à vos aptitudes intellectuelles ?
  • Êtes-vous en accord avec vous-même dans vos activités en dehors du travail ? (En d’autres termes, évitez-vous de faire pendant votre temps libre des choses qui vous font honte ou qui vous perturbent ?)
  • Évitez-vous de boire de l’alcool de façon excessive et de prendre de la drogue ?
  • Et enfin, surtout, y a-t-il longtemps que vous n’avez plus eu de gros malheur ?

Si la personne me répond oui à toutes ces questions et qu’elle se sent malgré tout dépressive, alors je considère qu’elle a, en effet, une maladie.

La maladie dépressive

Personne ne peut dire que « tout va bien » dans sa vie. Toutes les vies sont tragiques à leur façon.

Mais il y a malgré tout des personnes dont la vie est aussi agréable que possible et qui répondront oui à toutes ces questions.

Si elles se sentent malgré tout dépressives, je leur recommande vivement d’aller voir un médecin qui leur prescrira une thérapie cognitive ou comportementale (TCC), ou des antidépresseurs.

Je déteste les antidépresseurs, et je ne crois pas beaucoup à la TCC. Mais mieux vaut cela que de rester sans rien faire avec la furieuse envie de se suicider. Car, une fois que la personne est passée sous un train ou s’est jetée d’un pont, il est trop tard pour faire quoi que ce soit (et, bien entendu, les personnes dépressives ont un risque démultiplié de se suicider).

Et même sans aller jusque-là, la dépression est une catastrophe : elle fait peser un poids énorme sur l’entourage, et elle a de graves conséquences physiologiques sur la personne qui arrête de se nourrir, de se lever, de vivre normalement.

La maladie dépressive peut alors être considérée comme une maladie comme le diabète, la grippe ou l’eczéma. La médecine la soigne mal, très mal même, mais c’est mieux que rien, comme pour tant d’autres maladies. En un mois d’antidépresseurs, vous saurez si cela marche pour vous. Sinon, il faut arrêter le traitement progressivement.

Dans 90 % des cas, la personne a des raisons objectives d’être malheureuse

Toutefois, la vérité est qu’il est très rare qu’on me réponde oui à ces sept questions.

En général, les gens ont au moins un ou deux de ces sept points qui ne vont pas dans leur vie, ce qui reste supportable.

Mais attention : le tableau change si vous avez trois points ou plus qui vous manquent. Vous êtes alors en zone dangereuse.

Il est probable que vous ressentiez une angoisse ou l’impression d’être malheureux, voire très malheureux. Mais ce n’est pas la « maladie dépressive ». C’est la vie qui est difficile avec vous.

Que faire si c’est la vie qui est difficile avec vous

Il faut regarder en face le fait que nous avons des besoins essentiels en tant qu’êtres humains.

Il est normal de se sentir malheureux quand on manque d’amour, quand on ne se sent pas valorisé, quand on souffre au travail, quand des malheurs s’abattent sur notre tête, ou quand nous faisons des choses dont nous ne nous sentons pas fiers.

On se trompe si on essaye alors d’apporter une solution médicale au problème. Et c’est certainement la raison pour laquelle des études scientifiques montrent que, sur le long terme, la plupart des traitements médicaux contre la dépression échouent, TCC ou antidépresseurs [1].

Si, donc, vous répondez non à trois questions ou plus dans la liste, il est important de faire la liste des choses qui ne vont pas dans votre vie et de travailler à les améliorer.

Apprendre à « négocier avec soi-même »

L’important alors est d’être réaliste, car la vie est compliquée et on atteint facilement le point où tout paraît tellement embrouillé qu’on ne sait pas par où commencer.

Le « truc » pour vous en sortir, c’est d’apprendre à négocier avec vous-même.

Vous négociez sur la chose minimale à faire, qui vous permettra de considérer que vous avez progressé. Par exemple :

  • « Quel est le strict minimum que je puisse faire pour avoir une chance de rencontrer quelqu’un avec qui je pourrais partager ma vie agréablement ? »
  • « Quel est le strict minimum que je puisse faire pour me former et obtenir un métier correspondant plus à mes capacités et à mes aspirations ? »
  • « Quel est le strict minimum que je puisse faire pour me détourner de cette mauvaise habitude qui ruine mon existence ? »
  • « Quel est le strict minimum que je puisse faire pour manger et dormir plus régulièrement ? » (Mal manger et mal dormir sont des causes majeures et très répandues d’instabilité de l’humeur.)

Puis essayez d’avancer à petits pas sur ce point précis, dont vous avez clairement « négocié avec vous-même » qu’il était possible et réaliste.

Ne pas ouvrir grand la porte aux « serpents »

N’ouvrez pas grand la porte à toutes les choses négatives de votre vie.

Cela risquerait de vous donner l’impression d’être submergé.

Imaginez que vous êtes entouré de boîtes remplies de serpents. Si vous les ouvrez toutes à la fois, tous les serpents vous sortir d’un coup, vous piquer, et vous n’arriverez pas à les rattraper.

Ouvrez une boîte à la fois, très précautionneusement. Laissez sortir un petit serpent et écrasez-lui la tête. (C’est une image, bien sûr ; dans la nature, il faut laisser les serpents vivre tranquilles !)

Écraser un petit serpent vous donnera un premier sentiment de satisfaction, qui vous donnera l’énergie d’en faire sortir un deuxième de la boîte, puis un troisième…

Progressivement, vous allez vous aguerrir. Vous tuerez des serpents de plus en plus gros, de plus en plus vite.

Le bonheur est dans l’action

Et il y a de bonnes chances que déjà, dans ce processus, votre sentiment de malheur commence à s’envoler.

Car il faut se souvenir que ce qui fait notre joie n’est pas d’atteindre un objectif, mais de faire des pas qui nous rapprochent de notre objectif.

Ainsi, souvent vous constatez qu’une personne qui a travaillé des années pour obtenir un diplôme, se sent toute « bizarre » une fois passé l’examen. Je viens d’en faire encore l’expérience avec ma fille et son bac français.

Ce qui est bon dans la vie, c’est de se mettre en route. Faire un pas, puis un autre, dans la bonne direction.

Commencez par faire le bilan, et partagez avec moi si vous le souhaitez les points sur lesquels vous ressentez le besoin de progresser. Je serais ravi de pouvoir vous aider et vous soutenir dans votre cheminement.

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

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Comment la pollution crée 3,2 millions de diabètiques par an

La revue médicale The Lancet Planetary Health a publié le 29 juin 2018 une étude qui montre un lien étroit entre le diabète de type 2 et la pollution atmosphérique.

Selon les chercheurs, 3,2 millions de nouveaux cas de diabète apparaissent chaque année à cause des particules fines dans l’air : poussières, fumées, gouttelettes en suspension, toxiques, très présentes dans les villes.

C’est une très mauvaise nouvelle car le diabète est une maladie terrible : elle est la première cause d’amputation et de cécité (rend aveugle) dans nos pays.

Les habitants des pays riches sont les moins concernés

Les habitants des pays industrialisés sont les moins concernés par ce problème.

Les Français, les Belges, les Suisses, les Finlandais, les Islandais, respirent de l’air moins pollué que les autres et souffrent donc moins des maladies associées.

Ce sont les habitants de la Guyane (Amazonie), de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (en Océanie), de l’Afghanistan, et des pays pauvres, qui sont les plus touchés.

En effet, dans ces pays qu’on imagine volontiers sauvages et protégés de la pollution industrielle, l’environnement est en réalité profondément dégradé. La pauvreté empêche tout investissement dans les technologies propres.

L’écologie marche et permet de vrais progrès

L’écologie, en effet, coûte cher. Elle n’est possible qu’une fois atteint un niveau élevé de richesse.

Dans les villes comme Londres ou Paris, l’atmosphère était irrespirable en 1900 à cause des poêles à charbon et des usines qui rejetaient des fumées toxiques. Les choses ont fortement empiré quand sont apparues les voitures qui produisaient d’épaisses fumées noires.

Dans les années 80, je me souviens de la façade de la cathédrale Notre-Dame de Paris qui était complètement noircie ; le Colisée à Rome était noir de crasse lui aussi…

Près de chez moi, dans le Nord de la France, les canaux dégageaient une odeur pestilentielle car les usines des environs s’en servaient pour jeter leurs produits chimiques usés.

Mais comme nous étions des pays prospères, bien organisés, il a suffi d’une prise de conscience, dans les années 60-70, pour commencer à attaquer sérieusement ces problèmes.

En trois décennies seulement, nous avons créé des système complexes d’épuration des eaux, tri des déchets, et normes environnementales sur l’industrie et la consommation, qui ont permis des progrès énormes.

Les particules primaires émises par les véhicules diesel ont diminué de 70 % à Paris entre 2000 et 2012. Et le phénomène s’est accéléré récemment. En une seule année, de 2015 à 2016, le nombre de Parisiens exposés à un dépassement de la valeur cible annuelle en particules fines (PM2.5) a encore baissé de 70 % ! [1]

On parle de se baigner à nouveau dans la Seine [2]. La promesse avait pourtant fait rire toute la France en 1988 quand Jacques Chirac avait promis qu’il ferait de la Seine un « fleuve propre ». Le mérou, disparu depuis 30 ans en Méditerranée, est revenu au large de Marseille, grâce à de gros efforts sur le traitement des eaux usées [3]. Le thon rouge, autrefois menacé, s’est aujourd’hui multiplié au point que certains l’accusent d’être devenu une nuisance et de « vider la Méditerranée de ses poissons bleus » [4]. Il y en a deux fois plus qu’en 1970, trente ans avant la catastrophe de la surpêche (600 000 tonnes contre 300 000 tonnes à l’époque).

Bien sûr, les défis environnementaux qui nous attendent restent nombreux et redoutables.

Si les cours d’eau et l’air des villes dans nos pays sont moins sales qu’autrefois, nous n’en faisons pas encore assez dans d’autres domaines comme l’agriculture ou les océans.

Mais je suis optimiste sur ces sujets. On a raison de déplorer la raréfaction des oiseaux mais ceux-ci se multiplieront certainement à nouveau dès qu’on arrêtera d’exterminer les insectes (leur nourriture !) avec des pesticides dangereux.

Il faut un peu de temps pour réagir

L’écologie est un problème compliqué qu’on ne règle pas d’une loi, un règlement, un coup de baguette magique.

Il faut se souvenir que l’humanité a fonctionné pendant des centaines de milliers d’années en partant du principe que les ressources naturelles étaient illimitées.

Ça ne fait que 50 ans (depuis la fin des années 60) que nous avons réalisé qu’il fallait faire attention. A l’échelle des temps, la prise de conscience, et les actions, ont malgré tout été rapides, même si on souhaiterait toujours que les choses aillent encore plus vite.

Des scientifiques auraient même créé par accident tout récemment une enzyme capable de manger les bouteilles en plastique, et ainsi potentiellement de résoudre la crise mondiale de pollution par le plastique. Ces enzymes seraient faciles et bon marché à produire, totalement biodégradables et sans aucun danger pour l’environnement [5]. Quelle plus merveilleuse nouvelle à entendre que celle-ci ??

Et tandis que l’on déplore la disparition de nombreuses espèces animales, des scientifiques envisagent de ressusciter l’espèce de rhinocéros blanc récemment disparue grâce à des technologies digne de Jurassic Park [6]. D’autres encore envisagent d’envoyer des navettes spatiales sur les astéroïdes qui passent à proximité de la Terre pour y récupérer tous les minerais qu’on ne trouve plus assez ici-bas [7].

Cela semble incroyable ? Mais ça ne l’est pas du tout. Nous envoyons déjà des navettes sur Mars. Or, rien qu’entre Mars et Jupiter se trouvent des astéroïdes atteignables dans l’état actuel des connaissances techniques, qui contiennent des quantités fabuleuses de minerais précieux. Une récente estimation des spécialistes chiffre cette fortune à 100 milliards de dollars pour chaque individu vivant sur Terre ! À tel point que le problème qui se pose aujourd’hui est de savoir qui, légalement, pourra revendiquer des droits de propriété dessus, pour éviter que n’éclate une sorte de « guerre des étoiles » !! [8]

Vous rendez-vous compte où nous en sommes, déjà ??

Mais revenons sur Terre pour l’instant. Je ne dis pas que tout va bien, au contraire : les défis qui nous attendent sont innombrables. Mais nous devons nous méfier de nos imaginations, parfois trop restrictives et pessimistes, car ces exemples prouvent à quelle vitesse la réalité peut parfois dépasser la science-fiction.

L’Homme n’est pas un « simple » prédateur comme le lion, le loup ou la baleine qui, théoriquement en tout cas, seraient capables de se reproduire au point de manger toutes les proies à leur disposition… puis de mourir de faim brutalement, faute de solution de rechange.

Nous avons un esprit, une intelligence, une capacité à nous projeter dans l’avenir qui nous permettent d’imaginer le futur, mais aussi de modifier le futur en mettant en œuvre nos projets, et ainsi éviter bien des ennuis.

Rien ne dit qu’à force de travail, d’inventivité, de bon sens, nous n’arriverons pas à arrêter les massacres de l’environnement commis par des individus ou des pays sans foi ni loi, et sans préoccupation pour leur propre descendance.

L’important est de lutter contre le pessimisme, le nihilisme (doctrine selon laquelle rien n’a de valeur, pas même la vie humaine, et que donc tout est permis), qui coupent l’énergie et la créativité des Hommes. Si nous y parvenons, nous pouvons espérer que les choses finissent par aller mieux, que nous parvenions à nettoyer l’environnement, les océans, et rendre la place qui leur revient à toutes les espèces animales et végétales.

À votre santé !
Jean-Marc Dupuis

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A /INTRODUCTION Le titre de cet article aurait pu être celui d’une série à succès avec Michael Douglas et Karl Malden, mais dans la réalité la baie de San Francisco a un problème avec le gadolinium. Comme avec Chuck Norris, dont nous avons parlé dans...

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