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Sans enlever ni remplacer aucun aliment, cette astuce simple réduit la teneur en sucre de votre nourriture !

Chère lectrice, cher lecteur,

Quand un aliment fermente, les bactéries mangent le sucre et le transforment en un autre produit : acide lactique, alcool, ou encore acide acétique.

La teneur en sucre de l’aliment diminue ainsi naturellement.

Vous le savez : le jus de raisin se transforme en vin, quand il fermente. Le goût sucré disparaît. C’est qu’en effet il n’y a plus de sucre dans le vin. Il s’est changé en alcool.

De même, quand on fait fermenter du chou, les fibres du chou (qui sont une sorte de sucre), se changent en acide lactique. C’est ce qui donne l’acidité à la choucroute. La choucroute est moins calorique que le chou non fermenté. On s’en aperçoit quand on en mange d’ailleurs, car elle est beaucoup moins bourrative et écœurante.

Le sucre de la betterave disparaît !

Savez-vous quel est le légume le plus riche en sucre ? C’est la betterave. C’est pourquoi on s’en sert pour faire le sucre de table (betterave sucrière).

Hé bien nos amis russes, ukrainiens et polonais réalisent le prodige de faire disparaître le sucre de la betterave.

Ils la font fermenter, et c’est ainsi qu’ils fabriquent un de leurs plats les plus populaires : le bortch, une soupe au goût délicieusement acidulé.

 

Nos amis russes, ukrainiens et polonais font disparaître le sucre de la betterave rouge en la faisant fermenter, pour fabriquer un de leurs plats nationaux, le bortch.

La fermentation est donc un moyen formidable de réduire la teneur en sucre de vos aliments, sans vous priver. L’index glycémique de votre nourriture s’effondre (ce qui est une bonne chose pour prévenir le diabète), vous n’avez plus de crise d’hypoglycémie, vous grossissez moins.

La fermentation produit des substances aromatiques et des vitamines

Cerise sur le gâteau, la fermentation entraîne aussi la fabrication de substances aromatiques et de vitamines rares et précieuses, comme la vitamine B12 [1] et la vitamine K2 [2]. Votre nourriture est plus riche en nutriments après avoir été fermentée.

Parce qu’ils contiennent des bactéries et des nutriments précieux, les produits fermentés sont souvent parmi les plus appréciés, et même les plus chers : les vins sont des produits fermentés, les fromages, mais aussi l’aliment le plus cher du monde, le caviar, élaboré à partir d’œufs d’esturgeon au sel, fermentés !

 

L’aliment le plus cher du monde, le caviar, est constitué d’œufs d’esturgeon fermentés avec du sel !

Nous devons cesser de nous limiter à la choucroute et aux cornichons, aliments fermentés bien connus. Tous les légumes et fruits, et même les viandes et les poissons peuvent être fermentés et ainsi gagner en propriétés favorables à la santé.

Pour en savoir plus à ce sujet, je vous transmets l’intéressant article écrit par mon collègue Éric Müller de la lettre Néonutrition. C’est un spécialiste de la fermentation. Il fait tout fermenter lui-même !

Cliquez ici pour la découvrir !

À votre santé !

JM Dupuis

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Quelqu’un a-t-il des nouvelles de Guy ?

Chère lectrice, cher lecteur,

J’ai lu à l’automne dernier l’histoire de Guy Belmon, et sa femme, à Cercoux en Charente-Maritime.

Leur histoire, parue dans La Pharmacie secrète de Dame-Nature, m’a bouleversé et je me demandais s’il y avait eu une suite, heureuse ou malheureuse.

C’est pourquoi j’en appelle à mes lecteurs, dont certains habitent sans doute dans les environs, ou ont des connaissances sur place.

Quelqu’un a-t-il des nouvelles de Guy et de son épouse ? Si oui, leurs affaires se sont-elles arrangées ?

En tout cas, merci de leur transmettre toute ma sympathie car, moi aussi, j’ai toujours eu le projet de me retirer un jour, avec mon épouse, dans un lieu simple et reculé où nous ne consommerons plus d’énergie et où nous pourrons vivre au plus près de la nature.

Merci de me tenir au courant si vous avez une piste, en déposant un message ici.

A votre santé !

JM Dupuis


La bouleversante histoire de Guy et de sa femme, qui ont voulu s’en sortir « sans rien demander à personne »

Après toute une vie de travail, Guy Belmon et sa femme ont vu soudain la pauvreté leur tomber dessus. Comme la mauvaise grippe.

Parce qu’on a beau, dans les journaux, à la télévision, nous répéter tous les jours que le coût de la vie n’augmente pas, il doit bien y avoir quelque chose quelque part qui diminue…

Toujours est-il qu’à 80 ans, notre couple de retraité s’est brusquement retrouvé « trop court » pour payer le loyer qu’il avait jusqu’alors toujours honoré.

Dans cette situation, d’autres auraient demandé des aides, seraient passés à la mairie, auraient pris rendez-vous avec l’assistante sociale, beaucoup auraient tendu la main, mais Guy, lui, avait autre chose en tête.

Je suis vieux mais pas manchot, je peux encore me débrouiller tout seul, s’est-il dit, les yeux en l’air comme un vieux paysan obstiné scrutant le ciel pour anticiper le mauvais sort. Et voici ce qu’il a fait.

Un palais au milieu des écureuils

Sur un bout de terrain qu’il possède dans un bois de Charente-Maritime, à Cercoux, Guy décharge de grandes planches, des pieux et des poutres, et se met à construire une cabane !

Attention, pas une bicoque branlante entre deux buissons, non, une belle cabane qui a de l’allure, une sorte de yourte de nomade, toute ronde, en beau bois bien solide. Ce sera son logement.

Au revoir loyer à payer pour un bout de logis en fond de cour, bonjour le palais d’ermite trônant au milieu des oiseaux et des écureuils.

Bientôt, il y a devant la cabane de grands baquets avec des fleurs. Une citerne pour l’eau, un petit panneau solaire pour le courant. Sans oublier, bien sûr, un potager bien tenu.

Et le mieux de tout, c’est que l’ensemble est parfaitement intégré au bois qui l’entoure, sans rien qui tache, salisse ou encore moins pollue.

Bref, le vieux monsieur Belmon est à l’avant-garde, pas un écologiste de salon, un écologiste de plein air, pour de vrai.

Ils ne dérangent personne ? Mais c’est une honte !

Inutile de dire que M. et Mme Belmon, maintenant installés chez eux dans leur bout de paradis, ne nuisent à personne, ne gênent personne, n’enlaidissent pas la nature ni ne dérangent les oiseaux, les écureuils, et pas même les papillons.

Si un ver de terre, une araignée, ou quelconque habitant des bois s’estime gêné par cette installation, qu’il écrive à Dame Nature, nous publierons bien sûr sa version des faits !

Mais comme dans les contes d’autrefois, le danger rôde. Quelqu’un est-il allé se plaindre ? On ne sait quel envieux ? Non, non. C’est juste une question de règlement. Figurez-vous que le petit bois de Guy Belmon se trouve être, dans une zone “naturelle”, donc inconstructible.

Bon, ce n’est pas forcément une catastrophe, une zone protégée n’est pas nécessairement incompatible avec la présence d’un brave ermite respectueux comme Guy. C’est juste, comme dirait l’administration fiscale, une question d’interprétation.

Mais pour les autorités locales, à commencer par le maire de la commune, la présence du vieux couple est un insupportable scandale, une insulte à la face de la République. Hors d’ici, scélérats !

Le vieux bâtisseur de cabane est conduit sur-le-champ à la gendarmerie pour y répondre de son crime.

– Je voulais juste m’en sortir sans rien demander à personne, explique-t-il, je laisse ma part d’entraide à plus malheureux que moi.

Autant dire que Guy aggrave son cas. S’en sortir tout seul comme un grand, mais de quoi je me mêle ?

Qui te rend si hardi, vieil homme, pour contester notre belle et sainte réglementation, qui persécute le jardinier et le petit potager, et laisse en paix les puissants bâtisseurs de hangars hideux ou de ronds-points en pleine campagne ?

C’est qu’ils ont leurs permis de saccager en règle, eux ! C’est qu’il agissent au nom du « progrès ».

La sentence de la mairie est sans appel : “L’intérêt d’un particulier quel qu’il soit ne prime pas sur la collectivité. La construction a été faite en toute illégalité et n’a donc pas lieu d’exister.”

Des bulldozers pour détruire un rêve

Oui mais… l’affaire passe mal dans la région.

La presse locale s’émeut, les citoyens lancent deux pétitions de soutien au vieux Guy et à sa petite maison parfaitement écologique.

Et quand viendront les bulldozers pour détruire sans état d’âme le rêve d’un vieil homme, il pourrait bien y avoir du monde pour leur barrer le passage.

Parce que les lois du coeur, qui rapprochent les hommes, valent mieux que les réglementations qui les dressent les uns contre les autres.

(Article paru dans La Pharmacie Secrète de Dame Nature, octobre 2017, et reproduit avec leur aimable autorisation ; cliquez-ici pour en savoir plus).

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Faut-il se méfier des protéines ?

Chère lectrice, cher lecteur,

Depuis l’affaire du régime Dukan, on se méfie des protéines : « Trop de protéines fragilise les os ! Provoque de l’ostéoporose ! Détruit les reins ! »

Qu’en est-il exactement ? Devez-vous avoir peur des protéines, en réduire votre consommation, et donc manger plus de glucides (sucres) et de lipides (graisses) ??

Les protéines ne causent pas l’ostéoporose

Avant de répondre à cette question, essayons de voir exactement les dangers des protéines.

D’abord, certaines personnes croient qu’augmenter sa consommation de protéines fragilise les os et contribue à l’ostéoporose.

La théorie est la suivante : les protéines acidifient l’organisme, et le corps extrait le calcium des os pour compenser cette acidité. Le calcium part ensuite dans les urines. Le squelette se déminéralise [1].

Bien que des études montrent une augmentation de court terme de l’excrétion de calcium suite à la consommation de protéines, l’effet ne se poursuit pas sur le long terme [2].

Les études de long terme montrent le contraire de cette théorie. Dans une étude de neuf semaines sur des personnes âgées en bonne santé, où les participants ont remplacé les glucides par de la viande, l’excrétion de calcium n’a pas fluctué et les hormones qui renforcent la santé des os, comme l’IGF-1, ont augmenté [3].

Une revue d’études publiée en 2017 a conclu qu’augmenter sa consommation de protéines n’abîmait pas les os [4]. Au contraire, les conclusions indiquaient plutôt une amélioration de la qualité du squelette : augmentation de la densité osseuse chez les femmes [5], diminution du risque de fracture chez les hommes [6], augmentation de la masse maigre [7].

Protéines et insuffisance rénale

Beaucoup de personnes pensent que les protéines abîment les reins.

Les reins sont des organes remarquables qui filtrent les déchets, éliminent les minéraux et les liquides en excès dans le sang, produisant l’urine.

Certains disent que les reins s’épuisent à éliminer les métabolites de protéines, conduisant à l’insuffisance rénale.

Ce n’est pas vrai.

Manger plus de protéines augmente, en effet, un peu le travail des reins. Mais cette augmentation est insignifiante par rapport à l’immense travail que les reins font déjà.

Environ 20 % du sang pompé par le cœur est envoyé dans les reins. Chez les adultes, les reins filtrent ainsi environ 180 litres de sang par jour.

Une haute consommation de protéines peut causer du tort aux personnes qui ont déjà une maladie des reins [8]. Mais cela ne s’applique pas aux personnes qui n’ont pas de problème de santé et qui sont actives physiquement [9].

Les principaux facteurs d’insuffisance rénale sont l’hypertension et le diabète. Or manger beaucoup de protéines atténue le risque de ces deux maladies. Cela permet aussi de perdre du poids [10].

Les bienfaits des protéines

Les protéines procurent de nombreux bienfaits.

  • Masse musculaire : une quantité adéquate de protéines exerce un effet positif sur la masse musculaire, et est cruciale pour prévenir la perte de muscle lors d’un régime à faibles calories [11].
  • Dépenses énergétiques : les études montrent que manger des protéines augmente plus la consommation énergétique que tout autre macronutriment [12].
  • Satiété : les protéines tiennent le ventre plus longtemps. Elles facilitent la perte de poids en diminuant l’envie de grignoter et en espaçant les repas [13].
  • Obésité : remplacer les glucides et les graisses par des protéines pourrait vous protéger contre le risque d’obésité [14].

La quantité de protéines à ne pas dépasser

Alors que faire ? Plus ou moins de protéines ?

Une étude a montré que le besoin en protéines augmentait avec l’âge. Ainsi, un régime très riche en protéines serait nuisible entre 50 et 65 ans, en augmentant en particulier par 4 le risque de décès par cancer ; mais il deviendrait ensuite bénéfique au-delà de 65 ans, réduisant le risque de cancer et la mortalité [15].

Par ailleurs, des études ont montré que les sportifs qui faisaient de la musculation ne subissaient pas d’effets indésirables causés par les régimes très protéinés.

L’une a montré que manger 3 grammes de protéines par jour et par kilo de masse corporelle pendant un an n’avait pas d’effets négatifs sur les personnes faisant de la musculation [16]. Une autre étude où il fallait manger 4,4 grammes de protéines par kilo n’a pas non plus noté d’effets indésirables [17].

Conclusion

Si vous avez des problèmes de reins, suivez l’avis de votre médecin et limitez vos apports en protéines.

Mais il n’y a pas de raison de penser que les protéines causent du tort aux personnes en bonne santé.

En revanche, les régimes très riches en protéines doivent être réservés :

  • aux personnes âgées ;
  • aux sportifs.

Toutefois, pour la grande majorité des gens, ne vous souciez pas de manger trop de protéines. Cela n’a pas beaucoup d’importance dans le cadre d’une alimentation équilibrée.

Vous pouvez manger du poisson, de la viande, des œufs et des légumes riches en protéines (soja, lentilles, petits pois, haricots, spiruline, amarante, quinoa, avoine, riz sauvage, noix, graines de chia, choux) sans inquiétude. Vous obtiendrez plutôt des effets positifs sur votre ligne, votre musculature et la résistance de vos os.

La recommandation nutritionnelle de base est de consommer 0,8 g de protéines par kilogramme de masse corporelle. Autrement dit, si vous pesez 60 kg, vous devez manger 48 g de protéines par jour.

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

Bonus : En savoir plus sur les protéines

Les protéines sont les briques à la base de tous les êtres vivants. Elles servent à bâtir nos cellules, et leur permettent de fonctionner.

Les protéines sont de longues chaînes d’acides aminés. Comme des perles sur un fil, elles sont repliées pour faire des formes complexes. Dans le schéma ci-dessous, chaque type d’acides aminés est représenté par une couleur différente. On voit que les possibilités de combinaison sont infinies :

Il existe 9 acides aminés « essentiels », que vous devez obtenir par l’alimentation, et 12 acides aminés non essentiels, que votre corps peut produire à partir d’autres molécules organiques.

La qualité des protéines que vous mangez dépend de leur teneur en acides aminés.

Les meilleures protéines sont celles qui contiennent tous les acides aminés essentiels, dans les proportions qui correspondent aux besoins de l’être humain.

De ce point de vue, les protéines animales sont meilleures que les protéines végétales. Comme les tissus animaux ressemblent beaucoup aux nôtres, c’est logique.

La recommandation nutritionnelle de base est de consommer 0,8 g de protéines par kilogramme de masse corporelle. Autrement dit, si vous pesez 60 kg, vous devez manger 48 g de protéines par jour.

Ce modeste apport est suffisant pour vous éviter la malnutrition. Cependant, de nombreux scientifiques estiment que ce n’est pas assez pour optimiser votre énergie, votre force et votre santé [18]. Les personnes âgées et celles physiquement actives ont besoin de plus que cela [19].

P.-S. : Cette lettre est traduite et adaptée d’un billet du nutritionniste islandais Kris Gunnars, spécialiste des protéines, initialement publié sur https://www.healthline.com/nutrition/is-too-much-protein-bad-for-you

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Une médecine à deux, trois, quatre, dix vitesses !

Chère lectrice, cher lecteur,

La société Spark Therapeutics vient de sortir un nouveau médicament pour les aveugles : le Luxturna. Une seule dose suffirait pour guérir d’une forme rare de la maladie.

Petit détail : ce médicament coûte 425 000 dollars… par œil [1].

Pour les deux yeux, cela fait 850 000 dollars !

Une seule fiole de Luxturna coûte… 425 000 dollars ! Et il en faut deux (pour les deux yeux) !

Mais il y pire encore :

En 2014, une société néerlandaise appelée uniQure N.V. a lancé le Glybera, pour le traitement d’une maladie orpheline : le déficit familial en lipoprotéine lipase. Le coût de ce médicament est de 1,1 million d’euros par patient [2].

C’est une tendance de fond.

Un transfert de richesse énorme, de nos poches vers celles de Big Pharma

Mes fidèles lecteurs se souviennent de la société pharmaceutique Gilead Sciences, et du scandale de son traitement contre l’hépatite C (le Sovaldi). Lancé en 2013, ce médicament coûte aux États-Unis 94 500 dollars pour un traitement de 12 semaines, 41 000 euros en Europe et… 900 dollars en Inde (on suppose que la firme fait malgré tout un profit à ce prix-là).

La différence avec les autres médicaments, cités précédemment, est que ce traitement est très largement diffusé. L’hépatite C n’est pas une maladie rare, des centaines de milliers de patients reçoivent donc du Solvadi, payé par les systèmes d’assurance santé collectifs et obligatoires.

Suite à d’âpres négociations avec le ministère de la Santé en France, le prix a pu être ramené chez nous à 28 700 euros la cure en mars 2017 [3].

Mais cela reste un prix aberrant, qui pèse lourdement dans les budgets et entraîne nécessairement des coupes sombres dans d’autres dépenses de santé (déremboursement des autres médicaments, réduction de service dans les hôpitaux, non-augmentation des rémunérations du personnel de santé, etc.)

Quant aux traitements contre le cancer, on assiste là aussi à une inflation fabuleuse. On parle de traitements à 20 000 ou 30 000 dollars par mois, comme pour rire [4] ! Cela pour des produits qui ne guérissent pas de la maladie, mais allongent (vaguement, dans le meilleur des cas) l’espérance de survie.

Et les prix ne cessent de monter, pour des produits qui restent les mêmes. Le Glivec de Novartis, qui coûtait 21 000 dollars en 2001, coûte aujourd’hui 140 000 dollars. Le nouveau traitement contre le cancer de Gilead Sciences coûte 373 000 dollars, celui de Novartis 475 000 dollars [5].

Que se passe-t-il ?

Eh bien, il arrive tout simplement… ce qui devait arriver !

Les effets pervers des brevets

À partir de 1945, les gouvernements du monde entier ont permis à des sociétés privées de breveter les médicaments.

Le brevet, c’est un système qui donne le monopole. Il interdit aux autres de proposer le même traitement, même s’ils pourraient le faire pour pas grand-chose.

Pour caricaturer, si votre voisin disposait d’un brevet sur l’eau, il serait le seul dans le pays à avoir le droit de vous donner un verre d’eau. Et s’il lui prenait l’envie de vous vendre ce verre d’eau 10 000 euros, vous n’auriez pas d’autre choix que de l’accepter, à moins de mourir de soif !

Le système du brevet était fait à l’origine pour permettre aux inventeurs de tirer profit de leur invention pendant quelque temps.

Le problème est que, lorsque cette invention est un produit vital pour un malade, les personnes mal intentionnées qui détiennent le brevet peuvent se livrer à un chantage odieux. « La bourse ou la vie », en quelque sorte.

Et c’est exactement ce qui se passe !

Pas assez pour Wall Street

Et pourtant, pour les banques de Wall Street qui sont derrière les industries pharmaceutiques, ce n’est pas encore assez.

« Guérir les patients est-il un business durable ? », s’inquiète une banquière de Goldman Sachs (la plus grande banque américaine) dans un rapport sorti le 10 avril dernier [6].

Certains de ces traitements hors de prix ont, pour elle, un énorme « défaut » : ils guérissent !

Ainsi, le fameux traitement contre l’hépatite C dont j’ai parlé plus haut a généré en 2015 12,5 milliards sur le marché américain. « Malheureusement », déplore la banquière, les patients ainsi guéris n’ont plus besoin du traitement. Les ventes ne devraient pas dépasser 4 milliards cette année, un bien mauvais exemple à suivre selon Goldman Sachs :

« Gilead est un cas d’école, où le succès sur le marché de l’hépatite C a progressivement épuisé la population de patients disponibles pour être traités. »

Pire, « dans le cas des maladies infectieuses, guérir les patients diminue aussi le nombre de porteurs capables de communiquer le virus à d’autres patients, ce qui réduit encore la population de patients [7] » !!

Face à ce problème, la banquière a une solution :

« Le potentiel pour un traitement est moins risqué lorsque la population de patients reste stable, comme par exemple avec le cancer. »

En effet, le cancer ne se guérit pas, et il y a toujours plus de personnes touchées.

Retour au bon sens urgent et indispensable

Peut-être cela peut-il rassurer les banques, à court terme. Mais ce système n’est pas tenable sur le long terme.

Les dépenses de santé ne seront bientôt plus supportables du tout. La Sécurité Sociale ne pourra plus payer, tout simplement.

Apparaîtra alors un système de santé à deux, trois, quatre vitesses, ou même plus. Les médicaments à un million de dollars seront forcément, tôt ou tard, réservés à l’infime élite, celle qui pourra se les offrir.

Pour moi, cette compétition n’a plus aucun sens. Elle signe la fin du système médical tel que nous l’avons connu.

Quand on sait qu’aucun effort n’est fait pour la prévention, l’art de vivre sain, la connaissance fondamentale de la nutrition, qui sont les meilleurs moyens d’éviter les maladies, on se dit que notre époque a perdu tout bon sens.

Faudra-t-il attendre d’avoir heurté un mur, pour qu’enfin nous prenions conscience collectivement de la nécessité de revenir à la santé naturelle ? Apparemment, oui, mais c’est quand même dommage…

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

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Pourquoi les tomates n’ont plus de goût

Chère lectrice, cher lecteur,

À un dîner, la semaine dernière, je me retrouve assis à côté d’un ancien cadre de Monsanto.

Inévitablement, la conversation arrive sur les OGM, le Round-Up, etc.

Mais cet homme, très sympathique et intelligent, répond en souriant :

  • « Monsanto, ce sont des commerçants… Ils vendent des graines ; ils en ont des milliers en catalogue. Ils ont tout ! Et ils vous vendent celles que vous voulez ! Si vous voulez des espèces anciennes, délicieuses, ils les ont. Il suffit de demander. »
  • « Oui, mais alors pourquoi les tomates, elles n’ont plus de goût ? », interroge un convive.
  • « C’est les supermarchés ! Ils veulent des tomates rondes, rouges, dures, calibrées, qui restent des semaines dans les entrepôts et les rayons. »

Cela m’a rappelé une conversation récente avec un ancien agriculteur de Lorraine. Il avait tout abandonné pour se lancer… dans le marketing :

« L’agriculture en France, c’est fini. J’aurais pu produire de bonnes pommes ; mais il aurait fallu les vendre 15 euros le kilo… Impossible ! Les gens, ils veulent pas payer plus de 2 ou 3 euros…

Par contre, la pomme coupée en petits bouts et mise dans un gobelet en plastique avec un raisin, un quartier de mandarine, un bout d’ananas, de la poire pas mûre et un peu d’eau sucrée, ils l’achètent 30 euros le kilo au rayon « frais prêt à manger » dans les gares, les kiosques, les supérettes… C’est ça qu’il faut faire… »

 


Pour manger des fruits, de plus en plus de personnes se tournent vers les salades de fruits frais de mauvaise qualité vendues dans les gares, les kiosques, les supérettes… Moyennant quoi, ils en payent 10 à 15 fois le prix.

Et, de fait, il est facile d’accuser les supermarchés, les commerçants, les multinationales…

La question est de savoir pourquoi nous, les consommateurs, avons pris l’habitude d’acheter de la malbouffe hors de prix, y compris dans les rayons « produits frais » des magasins.

Faire son pique-nique

Quand j’étais petit, n’existait dans les gares aucune boutique. Tout au plus y avait-il un « buffet », déprimant, généralement… fermé.

Le grand plaisir quand nous partions en train, c’était d’ouvrir le sac à pique-nique où ma mère avait mis toutes sortes de produits délicieux. Du bon pain frais avec de la laitue croquante, du beurre de Normandie, de belles tranches de jambon à l’os, un généreux morceau d’emmental, une boîte avec une bonne salade assaisonnée de citron et d’huile d’olive, des biscuits secs qu’elle nous avait préparés et mis dans une boîte en fer, un Thermos de café.

Tout le monde faisait de même et l’idée d’aller acheter un pique-nique à 8 ou 10 euros (50 ou 60 francs à l’époque) composé d’un soda, d’un paquet de chips, d’un brownie sous cellophane et d’un mauvais sandwich industriel nous aurait paru impensable et, pour tout dire, immorale.

Plus encore, jamais nous n’aurions accepté de payer un prix disproportionné pour un récipient en plastique transparent garni de quelques carottes râpées sèches, de grains de maïs en boîte, d’une rondelle de tomate sans goût, de trois dés de féta, d’une salade aqueuse et d’un petit sachet en plastique contenant une vinaigrette artificielle.

 

Pourquoi acceptons-nous de payer le prix fort pour des « plateaux-repas » si mauvais ?
Que s’est-il passé ? Pourquoi les gens continuent-ils à accepter cela alors qu’ils savent que ce n’est pas bon, et trop cher ??

 

Manque de temps et d’énergie mentale

La réponse est simple, mais elle est triste.

Si nous cédons à la facilité du « prêt-à-manger », c’est parce que nous n’avons plus le temps ni, surtout, plus l’énergie mentale de nous soucier d’avance de notre nourriture.

Accablés par les soucis, poursuivis par les échéances, prévoir et prendre le temps de nous faire de bonnes choses à manger ne nous est tout simplement plus possible.

Nous préférons attraper ces produits dans un rayon, tendre notre carte de crédit, avaler ce que nous pouvons, puis jeter le sac (énorme) de tous les emballages, couverts en plastique, serviettes en papier qui constituaient au fond l’essentiel du volume de ces faux pique-niques.

La priorité, donc, est de reconsidérer nos vies pour comprendre pourquoi nous ne prenons pas plus soin de nous-mêmes, de nos enfants, de notre entourage, de notre table et de nos estomacs.

Soyons sûrs que, le jour où nous recommencerons collectivement à mettre notre argent dans de bons produits de qualité, les vendeurs de salades en plastique feront faillite !

J’aimerais vous lancer un défi

Lors de votre prochain voyage, n’attrapez pas une salade toute préparée dans un kiosque avant de vous jeter dans le train. Prenez le temps de préparer votre pique-nique avec de bons produits du terroir, de qualité, bio, des spécialités que vous aimez.

Mes sandwichs préférés étaient ceux à l’omelette, au gruyère et au poivre. Vous avez certainement vos propres bons souvenirs d’enfance.

Faites-vous un bon Thermos de thé vert à la menthe et prenez une bouteille d’eau achetée 80 centimes en magasin (et non 4 euros dans le train !).

Installez-vous confortablement dans le train et attendez l’heure de manger, si vous pouvez.

Votre voyage passera plus vite et plus agréablement, vous arriverez bien restauré(e), et vous aurez du mal à ré-acheter une salade de TGV.

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

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